Billet d’humeur sur “Marion Seclin, Féminisme en Déclin“ du Raptor Dissident.

 

Ou: on peut être dinosaure et habiter effectivement dans la préhistoire, même en 2016.

 

Tout est parti d’une vidéo de Marion Seclin intitulée: “#TasÉtéHarceléeMais… t’as vu comment t’étais habillée ?“: https://www.youtube.com/watch?v=q_ZUHQFHMBI

Vidéo qui a fait un peu de bruit, et suscité pas mal de réactions (presque 10 000 commentaires sous la vidéo au 16 juillet). Ce qui a entraîné une vidéo de réponse: “#TasÉtéHarceléeMais tu t’es pas exprimée assez clairement, du coup tu réponds”: https://www.youtube.com/watch?v=t00b2r4oWno

 

Mais surtout, on a eu droit, le 11 juillet 2016, à une vidéo d’un YouTubeur/vidéaste appelé Le Raptor Dissident, qui descendait en flammes la première vidéo de Marion Seclin: https://www.youtube.com/watch?v=F8eYjEn8r6c.

A titre personnel, je ne le connaissais pas. Si j’ai bien compris, son style, c’est de décrypter un sujet avec un ton bien agressif. Le genre de personnes qui aime se faire détester, et qui en joue. Un peu l’équivalent YouTube de L’Odieux Connard, quoi.

Parfait, c’est ton choix, mon petit Raptor. Mais tu sais, on peut être plusieurs à jouer à ce petit jeu. J’ai essayé d’utiliser le même ton que toi, mais je n’ai pas ton expérience, tu m’excuseras. Je te préviens aussi, j’ai pu te traiter d’”ignare” ou autres qualificatifs peu glorieux parfois. Mais bon, tu me pardonneras, j’en suis sûr. Allez, on va voir ça tout de suite.

Pour faire ça correctement, je me suis “amusé” à recopier tout le script de sa vidéo. Au mot près. Il se trouve en entier à la fin de cet article. Nous, nous allons le découper et y répondre tranquillement. On va faire ça comme suit: quelques paragraphes du script (en italique), les commentaires sur les phrases (en gras), puis une réponse un peu plus développée après (en gras aussi). C’est parti.

 

Comme l’ensemble du texte est un peu long, je vous mets ici une table des matières, avec l’argument principal défendu à chaque fois.

  1. Introduction de la vidéo 1: “C’était mieux avant”.
  • Un peu d’histoire du féminisme
  • Pourquoi le Raptor Dissident est marxiste
  1. Introduction de la vidéo 2: “Je suis le roi du monde!”
  • Le langage médical ne s’utilise pas n’importe comment
  1. Développement de la vidéo 1: “J’ai des préjugés, et je ne veux pas en sortir”.
  • Ne pas se vanter de ses préjugés
  • Une conception de la virilité
  1. Développement de la vidéo 2: “Je fais des comparaisons hors de propos… En fait, je suis hors-sujet, je crois”.
  • Définir le privilège
  1. Développement de la vidéo 3: “Je trouve une erreur de méthode… mais à côté, je continue avec ma super définition de la VIRILITE”.
  • Le biais de représentativité
  1. Développement de la vidéo 4: “Je reproche aux autres de ne pas définir, mais je ne définis pas non plus: bah ouais, je fais des erreurs que je reproche aux autres, c’est normal, non?”.
  • Le compliment et le sous-texte
  1. Développement de la vidéo 5: “Est-ce que ton corps t’appartient? Et est-ce que le contexte est important?”.
  • Dire “Mon corps m’appartient” aujourd’hui
  1. Développement de la vidéo 6: “Mon Dieu, c’est du fake!”.
  • La différence entre le doute et l’erreur
  1. Développement de la vidéo 7: “Généralisations et victimes”
  • Qu’est-ce qu’une victime?
  1. Développement de la vidéo 8: “De la sociologie de l’espace urbain”
  • L’espace urbain est séparé socialement
  • Une interdiction n’a pas besoin d’être exprimée pour exister
  1. Développement de la vidéo 9: “Un consentement mutuel? Bah voyons!”
  • Un consentement mutuel sans parler?
  1. Développement de la vidéo 10: “Toutes les femmes ne sont pas dérangées quand on les aborde dans la rue”
  • Réduire les risques
  1. Conclusion de la vidéo: “Faites ce que je dis, pas ce que je fais”
  • Ce n’est pas contre toi, mon p’tit Raptor

 

 

Introduction de la vidéo 1: “C’était mieux avant” (de 0:00 à 0:36)

“Le féminisme avant, c’était la lutte pour des avancées sociales majeures pour la femme, comme le droit de vote, c’est-à-dire le droit de donner de la légitimité aux guignols qui nous gouvernent, le droit de travailler, c’est-à-dire le droit d’être un esclave, ou encore le droit à l’avortement. Mais aujourd’hui, le féminisme s’emmerde, et c’est contagieux, parce qu’il fait chier tout le monde. Il est tombé dans la revendication systématique de tout et de rien. On s’attarde sur des détails stupides comme le fait qu’en grammaire, le masculin l’emporte, et on délire avec des pseudo-combats stupides et manipulés, qui relèvent souvent plus du caprice puéril d’enfant gâté que de la réalité, par exemple l’imposition de quotas dans le monde du travail. Dans le monde du travail, enfin que quand c’est pour des postes stylés genre au gouvernement, parce que jusqu’à preuve du contraire, personne n’est jamais venu faire chier lorsqu’il s’agit d’être un caissier de merde à Lidl ou de venir réparer mes chiottes, hein, faut l’savoir.”

  • Le féminisme avant: Oh, ça commence bien: le « c’était mieux avant », ça me rappelle quelque chose. N’importe quel discours de vieux grincheux.
  • c’est-à-dire le droit d’être un esclave: Mais t’es un fichu marxiste en fait, mec!
  • le droit à l’avortement: Ok, donc entre 1944 et 1974 quoi. Si on considère qu’on parle de la France. Précise tes dates, mon gars, on s’y perd sinon. C’est pas sérieux, ça.
  • il fait chier tout le monde: Enfin, visiblement, surtout un petit gars qui se prend pour « tout le monde » et qui parle à la place des autres.
  • de tout et de rien: On peut avoir un peu plus qu’un exemple? Ah non, j’oubliais, tu ne maîtrises pas ton sujet.
  • des détails stupides: Et bien entendu, toi, le summum de l’intelligence, tu as toute légitimité pour nous dire ce qui est stupide et ce qui ne l’est pas.
  • en grammaire, le masculin l’emporte: Nous sommes ravis de voir que ces pauvres grammairiens, qui étudient la langue depuis quelques siècles, voient leur travail réduit à néant par un gars quelconque sur Internet. Oh, pardon, un « troll ».
  • l’imposition de quotas dans le monde du travail: Argumentaire zéro donc, puisque tu n’as en rien prouvé que c’était un caprice. Mais c’est pas grave, gamin.
  • jusqu’à preuve du contraire: Manque de pot pour toi, j’ai la preuve: https://www.cairn.info/revue-travail-genre-et-societes-2006-2-page-97.htm. Et l’article date de 2006. Encore une preuve que tu n’as absolument pas potassé ton sujet.
  • un caissier de merde à Lidl ou de venir réparer mes chiottes: Ça se confirme: un vrai marxiste. Donc pour l’instant, nous avons affaire à un vieil homme grincheux et marxiste. On en apprend des choses en moins d’une minute de vidéo.

 

Bon, maintenant, soyons sérieux, et arrêtons-nous sur deux points importants de ce début.

D’abord, le coup du “le féminisme avant, c’était mieux” ou de l’opposition passé glorifié/présent dévasté. Premièrement, comme tout partisan du “c’était mieux avant”, tu es incapable de donner une date précise, mon Raptor. Et c’est normal: tu ne trouveras pas de date parfaite, parce que ton passé idéalisé n’existe tout simplement pas. Par exemple, on entendait déjà des “arguments” qu’on entend encore aujourd’hui: ainsi, à l’université de Vincennes le 4 juin 1970 (c’était avant la légalisation de l’avortement, mec), des militants d’extrême-gauche qui tentent de s’opposer à une réunion non-mixte en hurlant: « C’est des mal-baisées, on va les baiser » (Page 7: http://www.lecavalierbleu.com/images/30/extrait_353.pdf). Autre exemple, le coup du “les féminismes sont hystériques”: on le trouvait déjà en 1919. Va vérifier si tu ne me crois pas: https://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=2&ved=0ahUKEwjK6sWWuvjNAhXFI8AKHZ9DBnwQFggmMAE&url=http%3A%2F%2Fblog.ac-versailles.fr%2Fnouv%2Fpublic%2FArgu_Vote_des_femmes.doc&usg=AFQjCNE1eEoILq1oHtr10laLGX7hhJP9aQ&sig2=8y7geWmjcIbjVe0vEUZn-g

Bien entendu, tu n’as rien dit de tout ça, et je ne dis pas que tu soutiens ces propos: je propose juste des exemples pour montrer que le débat a évolué sur certains points et pas sur d’autres.

 

Après, petite leçon de l’histoire des courants féministes, car tu en as visiblement besoin. On distingue grossièrement trois vagues de féminisme: la première vague, du XIXème siècle aux années 1940, qui réclamait en particulier le droit de vote. La deuxième vague, disons des années 1950 à la fin des années 1970 en France: Beauvoir, tout ça. Là, les droits politiques ont été obtenus, et les féministes veulent changer la société radicalement (il faut dire qu’elles ne sont pas les seules: il suffit de voir mai 68). Après l’égalité des droits, il y a demande d’égalité réelle: une des réussites les plus connues de ce mouvement est le droit à l’avortement en 1974.

A partir des années 1980, la révolution passe de mode, et on passe à l’idée que les mentalités doivent changer, et que le système politique, ce n’est pas tout dans la vie. On passe à ce qu’on appelle la troisième vague, qui va effectivement s’intéresser entre autres au langage ou à l’occupation de l’espace urbain (et critiquer certains aspects de la deuxième vague, par exemple en considérant que c’est un féminisme trop bourgeois et blanc, donc pas représentatif de toutes les femmes). Bref, ça se raffine.

Et c’est ça qui a l’air de t’ennuyer, finalement. Bien entendu, tu n’as pas fait l’effort de chercher un peu sur l’histoire du féminisme, de savoir quelles étaient ses évolutions, et surtout de comprendre la logique derrière. Donc, je te rassure: les mouvements féministes cherchent toujours l’égalité. Et ce qu’elles font aujourd’hui est la simple continuité de ce qui a été fait hier.

P-S: je te conseille aussi de lire ça: https://cafaitgenre.org/2013/08/22/arguments-anti-feministes-1-les-feministes-daujourdhui/

 

Ensuite, deuxième point: je ne blague qu’à moitié quand je te traite de marxiste. Parce que ta pensée, dans ce début de vidéo, est imprégnée de marxisme: critique de la démocratie bourgeoise (“le droit de vote, c’est-à-dire le droit de donner de la légitimité aux guignols qui nous gouvernent”) et critique des conditions de travail du système actuel (“le droit de travailler, c’est-à-dire le droit d’être un esclave” et un caissier de merde à Lidl ou de venir réparer mes chiottes”). Bon, ça n’est pas très délicat au niveau théorique, mais je pense que tu peux quand même te présenter Place du Colonel-Fabien en toute bonne conscience. Tu peux peut-être faire un militant potable.

 

Introduction de la vidéo 2: “Je suis le roi du monde!” (de 0:36 à 1:05)

“La nouvelle féministe est souvent une petite bourgeoise qui nous fait son petit caprice comme on a une poussée d’acné et qui est tellement persuadée qu’elle est au centre du monde qu’elle oublie que la majorité des problèmes dont elle parle touchent en fait tout autant sa p’tite gueule que la communauté masculine. ce qui fait qu’en l’entendant parler, on se demande souvent si elle n’est pas complètement idiote, ignorante ou simplement hystérique. Parfait exemple de cette vision borgne des choses, la vidéo “T’as été harcelée, mais” de Marion Seclin, qui nous prouve, comme je vais vous le montrer qu’il est complètement stupide et égoïste de considérer des problèmes comme le harcèlement de rue comme étant unisexes.

Je suis le Raptor et vous regardez “Expliquez-moi cette merde”.

  • une petite bourgeoise: C’est bien connu que Beauvoir était une prolétaire.
  • qui est tellement persuadée qu’elle est au centre du monde: Dixit l’homme qui parle à la place de « tout le monde » et qui dit “on” à la place de “je”, c’est bien ça?
  • elle n’est pas complètement idiote, ignorante ou simplement hystérique: De la part de quelqu’un qui n’a pour le moment pas sorti un seul argument, et qui s’est contenté d’affirmer des choses sans les justifier, je ne sais pas comment il faut le prendre.
  • Expliquez-moi cette merde: Titre pertinent, c’est exactement ce que je me dis depuis le début de ta vidéo.

 

Au temps pour moi! Je retire ce que j’ai dit au paragraphe précédent, tu dis bien que les féministes sont “hystériques”. Follement original comme argument, mec, comme nous l’avons déjà vu.

Ah, pour information, l’utilisation du langage médical dans la vie de tout les jours ne fait pas vraiment de sens. Les mots ont un sens, et un vrai diagnostic est fait par un.e membre du corps médical. Tu ne voudrais quand même pas finir par dire des choses comme ça: http://www.huffingtonpost.fr/2015/04/04/hysterie-demence-accabler-femmes-maladies-ridicules_n_7000090.html

Développement de la vidéo 1: “J’ai des préjugés, et je ne veux pas en sortir” (de 1:06 à 2:08)

“Alors d’emblée, j’ai pas encore regardé la vidéo qu’j’sais à peu près à quelle saloperie j’ai affaire. Déjà, c’est du madmoizelle.com. Donc, pour ceux qui connaissent pas, rapidement, c’est une sorte de regroupement de chialeuses, parfois mythomanes, souvent paranos, qui s’inventent des vies, comme quoi on les drague à tout bout de champ dans les rues, alors qu’à part les blédards en chien, et les alcooliques dans le caniveau, personne sur cette planète leur a jamais adressé la parole, et encore moins pour les draguer. Parce que bon, passé le fait que la plupart soient absolument pas attirantes, que tout le monde a remarqué sauf elles, vu que comme toutes les meufs elles passent leur temps à s’entre-sucer sur les forums et les réseaux sociaux, à base de “t’es trop belle, ma chérie”, alors qu’en vrai, elles ressemblent à un doigt de pied, bah, tu te rends compte, au bout de deux minutes de conversation avec elles, qu’elles sont ultra pète-couilles, et si tu es un homme normalement constitué, ton instinct primitif va être de gentiment lui dire d’aller se faire foutre, soit de punir son insolence en lui ébouriffant d’une claque humiliante ses cheveux mal coiffés, dans une vaine tentative de la faire redescendre sur terre.

Enfin, je dis bien un homme normalement constitué, pas un type louche en recherche d’identité qui a abandonné son honneur et sa virilité pour se teindre les cheveux en rose et faire des vlogs sur l’eau du robinet.”

  • j’ai pas encore regardé la vidéo qu’j’sais à peu près à quelle saloperie j’ai affaire: Non, mais c’est cool d’avoir des préjugés et de l’avouer aussi franchement.
  • une sorte de regroupement de chialeuses, parfois mythomanes, souvent paranos: Archétype de la présentation neutre et objective: honnêtement, on voit bien que le Raptor est quelqu’un qui pèse précautionneusement ses mots. Non, sérieux, il ne va pas venir se plaindre après qu’on le résume à « t’es un homme blanc, cis, hét », j’espère, parce qu’il fait la même chose. Sauf que lui, il insulte, au lieu d’utiliser des termes de sociologie.
  • qui s’inventent des vies, comme quoi on les drague à tout bout de champ dans les rues: Et bien entendu, toujours pas un seul argument qui justifierait que c’est une invention. Ah, mais j’oubliais, monsieur a la science infuse.
  • à part les blédards en chien: Ah, pardon, mille excuses, je me suis trompé. L’argument raciste. Au temps pour moi.
    • P-S: si, si, c’est raciste d’essentialiser et de faire croire que le harcèlement de rue ne vient que des arabes. Surtout quand, comme par hasard, on est blanc. Coucou le niveau CP: « c’est pas moi, c’est les autres, maîtresse ». Ah, au cas où, j’ai vérifié ce qu’on entendait par “blédard”. Je cite: “synonyme de “issu de l’immigration””: https://fr.wiktionary.org/wiki/bl%C3%A9dard
  • passé le fait que la plupart soient absolument pas attirantes: Oh, monsieur est un artiste. Monsieur sait que des filles sur Internet – donc a priori plutôt anonymes – sont ou ne sont pas au goût de tout le monde. J’oubliais, monsieur est tout le monde. Et pas biaisé du tout en plus.
    • Et, petit, le fait que les goûts soient dépendants d’une époque, d’une zone géographique, d’une culture données, ça te dit quelque chose? Mais ouvre un bouquin, à la fin, ignare!
  • comme toutes les meufs: Oh, une généralisation abusive! On est bien d’accord que si je te trouve un contre-exemple, ton argument tombe, puisque tu as bien dit “toutes”, sans préciser d’exceptions? Non, parce que c’est comme ça que ça marche en science, hein.
  • s’entre-sucer: Alors, anatomiquement, ça va poser problème, me semble-t-il. Non, mais à part ça, BIEN SÛR, le langage et les expressions ordinaires ne sont pas du tout centrés sur l’homme. Pas du tout(1).
  • pète-couilles: On dit « orchidoclaste », quand on a un minimum de culture.
  • si tu es un homme normalement constitué: Et c’est quoi, au juste, « un homme normalement constitué »? Un homme comme toi, je présume?
  • instinct primitif: Mouhahahaha! Je m’esclaffe! Genre, vraiment. Sinon, l’idée d’ouvrir un livre de biologie t’a-t-elle effleuré l’esprit un jour?
  • gentiment lui dire d’aller se faire foutre: Mais montre-nous! Comment dit-on « gentiment » à quelqu’un d’aller « se faire foutre »? On veut savoir!
    • Est-ce que je dois dire: « Mon cher Raptor, taisez-vous, vous ne dites que des absurdités depuis le début, et votre « argumentation » est le signe d’un esprit ignare et mesquin? » par exemple?
  • punir son insolence: Et encore un qui se prend pour Joffrey Baratheon. Hum… comment dire? Tu n’es le maître de personne, mon petit. En fait, tu n’as clairement aucun pouvoir autre que celui de hurler à la mort comme un chihuahua. Alors fais-toi passer pour le grand prédateur de la jungle si ça t’amuse, mais laisse-moi te dire que… tu ne peux « punir » personne.
  • claque humiliante: Ah oui, quand on est incapable d’argumenter, on frappe. Ça confirme bien ce que je pense de ta logorrhée insipide: tu n’y crois pas toi-même.
  • faire redescendre sur terre: Dixit l’homme qui « punit son insolence »: il y en a visiblement un des deux qui plane, mais peut-être pas celui que l’on croyait.
  • en recherche d’identité: J’en déduis que tu préfères être un type sans identité. No problem, man. C’est pas grave d’être un numéro parmi des centaines de milliers d’autres. Ça ne te gêne pas si je t’appelle Code-barre numéro 7568 donc?
  • honneur: Oh, fi donc, mon honneur est en danger, je vous attends sur le pré, messire. Mes témoins attendront les vôtres.
    • Tu parles bien de cet honneur-là, je suppose? Celui qui conduisait aux duels? Qui est donc à peu près vu comme désuet depuis un siècle et demi?
    • Non, mais c’est cool de vivre dans le passé. Alors, du coup, tu préfères quoi au juste? La préhistoire ou le Moyen-Âge?
  • virilité: Tu penseras à définir, hein. Ça vaut 4/20 en dissert, ça.
  • vlogs sur l’eau du robinet: Je sais pas, c’est aussi intéressant que ça? https://www.youtube.com/watch?v=O_Gu-qS4BS8

 

Bon, bah, on va s’intéresser aux préjugés et à ta conception de la virilité. Youhou…

Sérieusement? Sérieusement, Raptor, tu ne peux pas faire ça. Qui de sensé va se vanter d’avoir des préjugés sur quelque chose dont il est censé parler sérieusement? Je veux dire, oui, les préjugés, ça peut être utile pour gagner du temps, pour gérer rapidement une situation en économisant du temps et des efforts. Mais là, tu as pris le temps de la voir, cette vidéo, d’écrire, de filmer, de monter. Et tu ne pouvais pas prendre le temps de te dire “Ok, je pars avec un mauvais a priori sur la vidéo pour telle et telle raison. Mais bon, puisque je vais la voir en entier, je vais faire un effort et juste la regarder une fois sans juger. Juste une fois.”?

C’était si compliqué que ça? Honnêtement? Et même si tu ne le faisais pas, tu ne pouvais pas présenter Madmoizelle d’une façon un peu plus subtile? Parce que là, ça décrédibilise un petit peu ton argumentation quand même. Enfin, c’est toi qui vois.

 

Bon, après la virilité, l’honneur, tout ça… Ok, tu as une conception de la virilité, de l’homme fort, c’est très bien. Personnellement, je la trouve un peu datée, mais bon, pourquoi pas? Mais l’as-tu questionnée, cette vision? T’es-tu demandé comment elle avait été créée, en quoi elle pouvait être relative à un moment de l’histoire, si elle n’était pas arbitraire sur certains points?

Si tu veux te poser ces questions, tu peux commencer par ça: https://www.youtube.com/watch?v=ekZcCpNuQ28

http://www.lesinrocks.com/2011/10/17/actualite/cest-quoi-etre-un-homme-viril-118324/

http://www.scienceshumaines.com/histoire-de-la-virilite_fr_27912.html

Puis, tu peux lire ça: https://www.cairn.info/revue-travail-genre-et-societes-2000-1-page-25.htm

T’es-tu demandé pourquoi certaines personnes questionnaient cette idée de la virilité? Ce qui pouvait déranger? Que tu veuilles vivre selon un idéal, c’est très bien. Mais que tu tentes de l’imposer aux autres, que tu te permettes de juger qui est un “vrai” homme et qui ne l’est pas… Ça coince. Ça coince d’autant plus que je ne vois pas pourquoi je t’écouterais, toi, au juste. Quelle est ta légitimité exactement?

Donc, désolé de te l’apprendre, mais un homme peut se teindre les cheveux en rose si ça l’amuse. Et si ça t’ennuie, c’est le même tarif: tu ne peux rien y faire de toute façon. Alors rage bien dans ton coin, gamin. Le monde ne s’adaptera pas à ta petite volonté de toute-puissance.

Développement de la vidéo 2: “Je fais des comparaisons hors de propos… En fait, je suis hors-sujet, je crois” (de 2:08 à 3:07)

Vous l’aurez compris, en regardant la vidéo, j’avais déjà une bonne idée de ce qui m’attendait. Et ça n’a pas loupé: 7:36 de pleurnichage et de comédie. Oui, de comédie, parce qu’en plus, elle essaie d’être drôle.

Marion Seclin: “Ce que je déteste vraiment dans la rue, c’est quand il pleut”.

Rire.

Marion Seclin: “Le lobby le plus puissant depuis le lobby Pokémon”.

Rire bis.

Donc Marion nous explique dans sa vidéo que les femmes, enfin…

Marion Seclin: “Majoritairement les femmes”

Sont harcelées dans la rue par des individus masculins, enfin…

Marion Seclin: “majoritairement masculins”.

Hein, histoire de pas trop généraliser, mais quand même. Donc, comme je disais tout à l’heure, on a affaire à une vision borgne de la réalité, en considérant que le harcèlement de rue touche uniquement les femmes. Bon, inutile de préciser que c’est de la connerie immense, parce que oui, c’est vrai que les femmes se font souvent emmerder dans la rue, même en général, que ce soit par des gros lourds qui se prennent par des caïds de cité, par des gros pervers qui ont besoin de se faire casser la gueule, par de vrais hommes s’il en reste. Mais ne vous inquiétez pas les filles, c’est exactement les mêmes qui viennent nous racketter notre téléphone de babtou et notre PSP, quand on rentre tranquillement pour le goûter, et qui nous bollossent quand on fait l’erreur de prendre le métro après 22h. Certaines se font mater et violer, d’autres se font casser la gueule et voler: vous inquiétez pas, niveau humiliation, on est tous sur une base à peu près égale.

 

  • j’avais déjà une bonne idée de ce qui m’attendait: Bis repetita placent: c’est sûr que tu ne pouvais être qu’objectif après ça.
  • elle essaie d’être drôle: Un peu comme toi, visiblement. Mais c’est bizarre, quand on dit que tu n’es pas drôle, tous tes fans viennent « pleurnicher » en hurlant « second degréééé ». Ah, le bon vieux « deux poids, deux mesures ».
  • histoire de pas trop généraliser, mais quand même: Et c’est un spécialiste qui parle, mesdames et messieurs, puisque lui-même dit bien « tout le monde », « le féminisme s’emmerde », « personne n’est jamais venu faire chier », « la nouvelle féministe est souvent une petite bourgeoise qui nous fait son petit caprice », etc.
    • Règle numéro un quand on critique quelque chose: on évite de le faire soi-même, sinon, on perd un petit peu en crédibilité.
  • comme je disais tout à l’heure: Au temps pour moi! Il reconnaît lui-même qu’il fait des répétitions! Si son style lourd est assumé, c’est différent.
  • inutile de préciser que c’est de la connerie immense: Donc tu le fais. Très bien, très bien. Tu prendrais pas tes spectateurs pour des idiots, par hasard?
    • Et puis bon, « inutile de préciser »: bah oui, pourquoi argumenter quand on peut juste ne pas écouter ce qu’on te dit?
  • c’est vrai que les femmes se font souvent emmerder dans la rue, même en général: Ah, bah, tu vois que tu peux.
  • par de vrais hommes s’il en reste: Et comme on a tous compris que tu te rangeais dans la catégorie des « vrais hommes », tu vas pouvoir nous dire si tu es le gros lourd ou le gros pervers.
    • Hé, mec, c’est toi qui a fait la typologie, hein, je me contente d’appliquer.
  • Mais ne vous inquiétez pas les filles: Alors là, je vois pas du tout pourquoi il faudrait qu’elles soient inquiètes. C’est vrai quoi, il n’y a jamais que 9 viols par heure en France, et sur les victimes, 91% sont des femmes. Cf. http://www.planetoscope.com/Criminalite/1497-viols-en-france.html
    • Pas de quoi s’inquiéter, franchement. Tu en as d’autres, des comme ça, Raptor?
  • quand on rentre tranquillement pour le goûter: Ah, tu es encore en primaire en fait? Ça explique pas mal de choses.
  • Certaines se font mater et violer, d’autres se font casser la gueule et voler: Et il ne t’est jamais venu à l’esprit que lorsque les hommes se faisaient racketter et voler, les femmes se faisaient racketter, voler, mater et violer? Je dis ça comme ça, voilà.
  • on est tous: Énième généralisation.
  • une base à peu près égale: C’est sûr que quand on met en rapport des choses qui n’ont rien à voir, c’est pas compliqué de voir des égalités qui n’existent pas. Parce que là, tu viens d’additionner les pommes et les poires (je reste sur des exemples de primaire, au cas où).

 

Bon, bon, bon… Nous passons à une nouvelle étape. Je vais maintenant te parler du privilège, cher Raptor. Alors, je sais, le mot fait peur comme ça. Ton premier réflexe risque sans doute d’être “Non, mais non, je suis pas privilégié, moi, je suis un pauvre gars, je souffre horriblement”. Rassure-toi! Je n’entends pas “privilège” au sens de la noblesse d’Ancien Régime. Non, non, le privilège, tel que je l’entends, est négatif. Il ne t’ajoute pas quelque chose, il t’empêche juste de perdre ce que tu as.

Allez, je t’explique: le privilège, c’est juste le fait de ne pas subir une discrimination systémique. Un privilège de blanc, par exemple, c’est de ne pas subir de discrimination à l’embauche parce que le recruteur a vu marqué “Mohamed” sur le CV(2). Ce qui ne veux pas dire que la personne qui en profite ne va pas à côté avoir d’autres problèmes (parfois liés à d’autres critères structurants: genre, couleur de peau, richesse…).

Donc quand je te dis que tu es privilégié, je ne dis pas que tu ne souffres pas, je ne dis pas que ta vie est géniale. Je ne dis même pas que tu ne souffres pas authentiquement des attentes qui pèsent sur les hommes. Non, rien de tout ça. Je dis juste qu’à côté, tu as la chance de ne pas subir en plus ce que subissent les personnes non-privilégiées.

C’est pour ça que ta comparaison entre vol et viol ne veut rien dire.  Oui, des hommes se font “casser la gueule et voler”. Mais des femmes aussi. Sauf qu’en plus, les femmes risquent de se faire “mater et violer”, précisément parce qu’elles sont femmes.

Donc, d‘un côté, tu as deux problèmes en tant qu’homme: “te faire casser la gueule et voler”. De l’autre côté, Marion Seclin en a quatre en tant que femme: “se faire casser la gueule, voler, mater, et violer”. Où est l’égalité là-dedans? Où est l’équilibre?

Tu ne me crois pas? Je t’en prie, l’INSEE est là pour ça: http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1473

 

P-S: et attention, mon petit Raptor, je ne te demande pas de te flageller et de demander pardon à genoux pour être né homme. Je sais que tu n’as pas choisi d’avoir ce privilège. Et tu ne l’as que parce que nous vivons dans une société sexiste. Ce n’est pas propre aux hommes de tous temps. Non, ce que je te demande, c’est d’en prendre conscience, puis d’agir de telle sorte que tu utilises ce privilège pour aider les personnes qui n’en disposent pas. C’est aussi simple que ça.

 

Développement de la vidéo 3: “Je trouve une erreur de méthode… mais à côté, je continue avec ma super définition de la VIRILITE” (de 3:08 à 4:19)

Mais le gros problème dans cette vidéo, c’est que Marion Seclin va apparenter la drague de rue à du harcèlement, en utilisant des comparaisons illégitimes et des raccourcis douteux qu’on va bien analyser, pour détruire une bonne fois pour toutes cette argumentation bancale qui essaie de vous tromper, que vous soyez une femme ou un homme.

Marion Seclin: “Et je vous ai demandé sur Tweeter les phrases les plus what the fuck que vous avez entendues sur le harcèlement de rue, avec le hashtag #tasétéharceléemais.”

Donc Marion commence par demander l’avis des meufs sur Tweeter. Enfin, l’avis des meufs qui la suivent sur Tweeter. Donc déjà, on sent qu’on va se taper l’avis de toutes les merdes frustrées de la vie, qui compensent en étant agressives sur Tweeter. et ça y est, la confusion commence.

Marion Seclin: “Et comme d’habitude, j’ai eu droit à des perlouzes, oh là là”.

Certains tweets font allusion à une demande de numéro, donc sûrement à de la drague. D’autres font allusion à des mecs bourrés, donc à du connard de première espèce. Autant dire qu’on comprend direct à qui on a affaire, le sujet c’est un bordel complet, on sait même pas de quoi on parle, mais en mettant tout ça plus ou moins dans le même panier par pure fainéantise intellectuelle, on arrive à ça: une vidéo de merde, qui essaie de culpabiliser les rares hommes qui ont les couilles d’aller parler à des meufs dans la rue, en les mettant au même niveau que Jean-Racaille, qui lui est un harceleur, mais surtout globalement, et j’lai dit tout à l’heure, un fils de pute. Parce que oui, trouver les mots et aller voir une meuf qu’on trouve dard dans la rue, c’est pas à la portée de premier connard. On a tous, mec comme meuf, déjà eu envie d’aller parler à quelqu’un qu’on a repéré dans la rue: mais combien ici ont eu les couilles d’y aller?

Eh oui, la drague de rue, c’est pas un truc à montrer honteusement. C’est limite un truc héroïque. Faut saluer le courage, putain.”

 

  • Mais le gros problème dans cette vidéo: Ah, bah, je suis soulagé qu’au bout de 3:12 de vidéo, on apprenne qu’il n’y a qu’un seul gros problème. Tu donnais l’impression qu’on courrait vers la fin du monde, là.
  • en utilisant des comparaisons illégitimes et des raccourcis douteux qu’on va bien analyser: De la part de quelqu’un qui vient de dire que vol et viol, c’est à peu près égal, je présume que c’est normal. Ou alors tu montres par l’absurde?
  • une bonne fois pour toutes: Modestie, quand tu nous tiens. Oyez, oyez, peuples de l’Internet, Raptor, le Grand, l’Unique, va enfin régler la question! Ecoutez le discours divin et priez.
    • Encore une fois, on voit qui plane vraiment ici. Ca va, les chevilles, là-haut?
  • qui essaie de vous tromper: Ou de vous faire réfléchir, qui sait?
  • vous soyez une femme ou un homme: Au moins, on ne pourra pas dire que le féminisme ne parle qu’aux femmes. C’est un progrès.
  • Enfin, l’avis des meufs qui la suivent sur Tweeter: Mais… mais… Mais oui! Enfin un truc intelligent! Dénoncer le biais de représentativité! Parfait! Faut continuer comme ça!
  • on sent qu’on va se taper l’avis de toutes les merdes frustrées de la vie: Ah bah non, tu retombes d’office dans tes préjugés de petit rageux.
  • qui compensent en étant agressives sur Tweeter: Étant donné que tu es agressif sur YouTube, c’est censé être mieux?
  • donc sûrement à de la drague: Imprécision, je crie ton nom.
    • Parce que c’est bien de cracher sur la confusion entre drague et harcèlement. Mais t’aurais peut-être pu définir toi-même au début quelle était la différence, afin qu’on sache à quoi s’en tenir, non? Enfin bon, ça va peut-être venir.
  • D’autres font allusion à des mecs bourrés, donc à du connard de première espèce: Tu vas bientôt nous dire que tu veux interdire l’alcool, c’est ça? Non, parce que bon mec bourré=connard de première espèce, si c’est pas un raccourci, ça.
  • Autant dire qu’on comprend direct à qui on a affaire: Mais qu’il est fort, cet homme. Je sais pas, moi, pour comprendre un truc, j’ai parfois besoin de réfléchir, de demander plus de renseignements, etc. Lui, pas besoin: il sait direct. On voit que c’est lui qui a la science infuse, et pas moi.
    • Oh, wait… Ou alors, il a juste des bons gros préjugés qu’il ne remet jamais en question?
  • on sait même pas de quoi on parle: Et tu n’aides pas à définir non plus. Donc un point partout. Au fait, elle a quand même défini ce qu’elle entendait par harcèlement de rue dans les 30 premières secondes de sa vidéo. Tu peux ne pas être d’accord avec sa définition, mais dire qu’elle n’a pas défini, c’est juste un peu de la mauvaise foi.
  • en mettant tout ça plus ou moins dans le même panier par pure fainéantise intellectuelle: C’est quand même fou cette capacité que tu as à faire ce que tu reproches aux autres. C’est un don?
  • une vidéo de merde: Jugement tout en finesse et en subtilité.
  • rares hommes qui ont les couilles d’aller parler à des meufs dans la rue: Et bien entendu, tu as des chiffres, des statistiques à nous montrer? Non? Oh, c’est dommage… Et on est censé te croire sur parole, c’est ça?
  • en les mettant au même niveau que Jean-Racaille, qui lui est un harceleur: Scoop: pour elles, oui, c’est la même chose. Alors, tu peux te croire gentil tout plein, mais je vais t’apprendre un truc. Oui, gamin, tu es exactement au même niveau que ce Jean-Racaille que tu méprises tant. Pas de bol, non?
  • c’est pas à la portée de premier connard: Donc, si je te suis bien, le « connard » n’ose pas, et le « fils de pute », ose, lui. Et t’es en train de nous dire que ce dernier, c’est un peu un héros… dès qu’il est blanc et qu’il sort pas de cité.
  • On a tous, mec comme meuf: Gé-né-ra-li-sa-tion abusive. Va falloir que t’arrêtes de projeter tes petites pulsions sur les autres. Petit renseignement: non, tout le monde ne réagit a priori pas comme toi. Désolé de te l’apprendre.
  • combien ici ont eu les couilles d’y aller: Techniquement, les « meufs » ont a priori plutôt des ovaires en fait(3).
    • Au fait, pourquoi est-ce que les gens ont peur d’y aller? T’as pas l’air trop timide pourtant. Ah, peut-être parce qu’ils ont une bonne chance de se prendre une réponse bien cinglante en pleine face. Et pourquoi est-ce qu’ils se prennent ça? Parce qu’ils ont une bonne chance d’être le dixième abruti de la journée à faire ça! (ça, c’est pour les mecs. Les filles, c’est juste qu’on vit dans une société où elles ne sont pas censées faire le premier pas).
  • C’est limite un truc héroïque: Sinon, tu peux aller faire un truc vraiment héroïque, plutôt que d’embêter les personnes dans la rue. Je sais pas, moi: devenir pompier et aller sauver des gens dans des maisons en feu?
    • Ca se plaint que les autres ne définissent pas, et ça crache à la gueule du dico, bon sang!

 

Écoute, je vais peut-être te surprendre, mais je suis d’accord avec toi sur quelque chose. Oui, il y a un biais de représentativité quand tu fais un sondage sur Tweeter. Et le reproche que tu fais est donc fondé. C’est vrai.

Maintenant, le problème, c’est que tu ne proposes rien en face. Si tu avais des chiffres sérieux, des études sur la question, je t’écouterais. Mais tu dis juste: “je vois les choses comme ça, donc c’est vrai”. Ce qui fait que je ne vois aucune raison de te faire plus confiance qu’à Marion Seclin.

Surtout qu’au-delà de ça, les personnes qui répondent existent. Elles ne sont peut-être pas représentatives, mais elles, elles ont un problème. Et on peut peut-être essayer de résoudre ce problème (je sais que tu considères que “la moitié de ces tweets sont un fake”, on y reviendra plus tard).

 

Pour le reste: tu as un vrai problème avec la généralisation. Je pourrais t’accorder le bénéfice du doute si tu disais “des hommes” et “des femmes”. Dire “les hommes” ou “les femmes” est déjà une généralisation abusive, parce qu’il y aura toujours des contre-exemples. Et malheureusement pour toi, tu ne peux pas dire que ces contre-exemples sont des “faux hommes” ou des “fausses femmes”, parce que ça ne veut rien dire. Ce n’est pas parce qu’ils et elles ne correspondent pas à tes idéaux de virilité et de féminité qu’ils et elles sont “faux” et “fausses”. Mais en plus, tu insistes avec “tous les hommes” et “toutes les femmes”: c’est encore plus abusé.

 

Développement de la vidéo 4: “Je reproche aux autres de ne pas définir, mais je ne définis pas non plus: bah ouais, je fais des erreurs que je reproche aux autres, c’est normal, non?” (de 4:19 à 5:06)

Marion Seclin: “Donc aller faire du rentre-dedans de but en blanc à une personne, ou avoir des propos déplacés ou sexuels… Et puis, c’est pas à toi de décider où et quand tu fais un compliment à une inconnue.”

Ah ouais, maintenant, en plus, elle ne fait même plus la distinction entre des allusions sexuelles et des compliments. Mais c’est vraiment n’importe quoi. Voilà. Quand on veut traiter un sujet sérieusement, commence par en définir les limites, putain. C’est la base, sinon forcément ça donne une soupe d’arguments dégueulasses comme ça. T’es allée à l’école un jour, avant de faire tes études d’acting ou quoi?

Marion Seclin: “Regarde, moi, par exemple, j’aime pas les sarouels. Bon, si je vois quelqu’un dans la rue qui porte un sarouel, je le laisse tranquille. Je vais pas aller donner mon avis à cette personne”.

Non, mais c’est quoi le rapport avec ton sarouel de clocharde? On n’en a rien à foutre, si tu parles de drague, c’est un compliment que tu fais, pas une critique. Ça a rien à voir putain, tu vas pas aller voir quelqu’un en lui disant “Salut t’es moche”, non? Sois pas conne, merde. T’as aucun fil conducteur dans tes idées là, ça part à droite, à gauche, tu sors tout et n’importe quoi, ça a aucun foutu sens, bordel.

  • Donc aller faire du rentre-dedans de but en blanc à une personne: Au fait, le début de la phrase, c’était « Le harcèlement peut être simplement verbal ».
  • compliments: Well… Peut-être parce qu’un compliment, contrairement à ce que tu sembles croire, ça ne fait pas forcément plaisir. Je sais pas, mais bon, quand on te réduit juste à ton physique, et plein de fois, je ne suis pas sûr que tu l’apprécies bien, le « compliment ».
  • Quand on veut traiter un sujet sérieusement: Ce que tu n’as pas vraiment l’air de faire, malheureusement.
  • commence par en définir les limites: Elle l’a fait, en fait. Tu n’as juste pas cru bon de montrer cet extrait là. Malhonnêteté intellectuelle, quand tu nous tiens.
  • T’es allée à l’école un jour: J’aiiiiime tellement l’attaque ad hominem.
  • Non, mais c’est quoi le rapport avec ton sarouel de clocharde: Le même que celui que tu as fait entre viol et vol, peut-être?
  • On n’en a rien à foutre: J’admire ta capacité à parler à la place des autres, mon p’tit Raptor, franchement.
  • c’est un compliment que tu fais, pas une critique: Oh! Deuxième argument un tant soit peu intéressant. Pas trop tôt.
    • Mais bon, comme je le disais: 1) Un compliment, même avec les meilleures intentions du monde, ça peut être blessant. Difficile à croire, mais c’est vrai. 2) Sérieux, écoute les témoignages: combien de personnes qui insultent une fille qui a dit qu’elle n’était pas intéressée? « De toute façon, t’es moche »
  • Sois pas conne: Miam, insulter en loucedé l’autre, ça fait toujours du bien, hein?
  • T’as aucun fil conducteur dans tes idées: C’est plutôt normal quand on répond à des tweets assez nombreux, non?

 

Alors, il semble que la question principale ici soit celle du compliment. Il y a plusieurs manières d’aborder la chose.

La première, c’est de revenir au contexte. Je sais que tu adores ça. Il y a une phrase assez répandue dans certains milieux féministes qui résume assez bien la chose: “C’est comme les bonbons. Un.e pote qui t’offre un bonbon, c’est chouette. Un.e inconnu.e dans la rue qui t’offre un bonbon, c’est flippant”.

La deuxième, c’est de comprendre que le compliment, dans ce contexte-là, est sexiste. Certes, c’est du sexisme bienveillant, comme l’est la galanterie. Alors, ça te paraît peut-être extraordinaire, parce que pour toi, c’est positif de complimenter, mais oui, ça énerve certaines personnes. Et peut-être que ces personnes apprécieraient un compliment sur un autre sujet, je ne sais pas. Mais je sais que quand elles s’énervent, c’est qu’elles voient ce que tu ne vois pas: le sous-texte.

Ce sous-texte se divise en plusieurs choses (et je ne prétends pas être exhaustif ici):

 

  • Ce compliment est dans une optique de séduction. Autrement dit, la personne en face ne le pense peut-être pas, et est juste en train de flatter bassement.

 

  • Ce compliment réduit la personne à son physique. Tu trouves qu’une femme est jolie? Peut-être qu’on le lui répète assez souvent pour qu’elle veuille d’autres types de compliments. Parce qu’elle en a assez d’avoir l’impression d’être dans une vitrine tandis que les passants se permettent de la juger tout le temps.

 

  • Ce compliment est une réification: tu te permets de donner ton avis à quelqu’un qui n’en a peut-être rien à faire, mais tu t’en moques, tu la traites comme un objet. Car peu importe ce qu’elle ressent, tu veux juste pouvoir dire ce qui te passe par la tête, et te dire ensuite “Bah, elle devrait être contente, non?”

 

Etc.

Donc si jamais tu as le “courage” d’aller parler à une fille dans la rue et qu’elle s’énerve contre toi, même après un compliment, inutile de se vexer tout de suite. Demande-toi plutôt pourquoi elle réagit comme ça. Et demande-toi si tu as vraiment une meilleure explication que celle que propose Marion Seclin.

 

Développement de la vidéo 5: “Est-ce que ton corps t’appartient? Et est-ce que le contexte est important?” (de 5:07 à 6:25)

Marion Seclin: “Quand une femme marche dans la rue seule ou avec d’autres femmes, son corps n’appartient pas à ceux qui peuvent le voir. Son corps reste son corps.”

Ah, celui-là, je l’attendais. Le fameux argument “Mon corps m’appartient, j’en fais ce que je veux” qu’on ressort à toutes les sauces, dès qu’on sait plus quoi dire, un peu comme “C’est bon, j’fais c’que j’veux, t’es pas ma mère, ok?”. Sauf que là, bah, c’est complètement raté parce qu’il y a mais alors, aucun rapport. Te faire un compliment, c’est te voler ton corps? Mais tu veux une salade de phalanges ou quoi?

Putain, mais les féministes, va falloir arrêter de répéter “Mon corps m’appartient” comme des connes sans réfléchir au contexte, bordel. Vous voulez qu’on vous prenne au sérieux un jour ou merde?

Marion Seclin: “Les femmes ont commencé à trouver ça relou de ne pas pouvoir se déplacer d’un point A à un point B sans qu’on l’interrompe”

Ah, alors ça, c’est super intéressant, voyez-vous. Ça soulève la question: pourquoi on sort, qu’est-ce qu’on fout dehors? Alors, selon Marion, sortir dehors, c’est juste un moyen, c’est-à-dire qu’on a un objectif en tête: se rendre quelque part, aller au boulot, faire les courses, etc. Du coup, là, en effet, on se déplace d’un point A à un point B. Mais là encore, elle fait aucune nuance, et donc raconte encore une fois de la grosse merde, parce que sortir dehors, ça peut être aussi une fin en soi. Qui n’a jamais dit à un pote “Vas-y, viens, on sort”, “Viens, on bouge en ville”? Et sur cette proposition de gros galérien qui, faut l’avouer, sauve quand même pas mal quand on se fait bien chier et qu’on en a ras le cul de voir de la merde à la télé, qu’on s’est fait banner son compte LoL pour insultes à répétition, ou qu’on ne supporte plus de voir des débiles qui se filment en train de manger du piment sur YouTube. Ouais, on est d’accord, tout le monde l’a déjà dit. Donc casse pas les couilles avec ton point A et ton point B de merde. Hein, c’est vérifiable, il n’y a qu’à voir à Toulouse, dehors, c’est rempli non-stop d’étudiants qui sèchent les cours et d’autres gens, on sait pas trop ce qu’ils foutent dans la vie, et là, on voit rapidement qui va d’un point A à un point B et qui est un fils de pute de chômeur d’escroc. Allez hop, écoutons la suite.

  • qu’il y a mais alors, aucun rapport: Nuance: tu ne veux voir aucun rapport. On n’est pas débile: on sait bien que cet argument est utilisé pour l’avortement au départ. Mais est-ce que tu as entendu parler d’un truc qui s’appelle la réification au juste? Lis Sartre, bon sang! Tu viendras râler quand tu connaîtras ton sujet!
  • Te faire un compliment, c’est te voler ton corps? Ok, t’as juste pas compris ce qu’elle a dit. Mais c’est pas grave, tu sais, d’être mauvais en exégèse. C’est un peu handicapant dans la vie, mais enfin…
  • Mais tu veux une salade de phalanges ou quoi? Oh? Tu passes de marxiste à sarkozyste? Faudrait savoir. Mais la bonne expression, c’était: « passe-moi la salade, je t’envoie la rhubarbe » en fait.
  • les féministes: Lesquelles au juste? Parce que ce n’est pas vraiment la même chose de parler de Beauvoir, de Butler, de Dworkin, d’Osez le féminisme ou de La Barbe en fait. Mais bon, comme tu n’as pas l’air de t’être documenté sur le sujet…
  • va falloir arrêter de répéter “Mon corps m’appartient”: Interdire à des féministes d’utiliser une phrase qu’elles ont créée… C’est aussi intelligent que de dire à un physicien: « Mais va falloir arrêter de parler d’Einstein à tout bout de champ, quoi ».
  • contexte: C’est très drôle de la part de quelqu’un qui fait des généralités toutes les deux phrases de parler de contexte.
  • Vous voulez qu’on vous prenne au sérieux un jour ou merde? Après un siècle et demi de lutte féministe, je crois qu’on les a déjà prises pas mal au sérieux en fait.
  • Mais là encore, elle fait aucune nuance: Mais là encore, il faut voir la poutre dans son oeil avant de voir la paille dans celui de l’autre.
  • ça peut être aussi une fin en soi: Aaaaaah, on a appris à distinguer les moyens et les fins! C’est biiiiien! Un bon point pour Raptor!
  • Viens, on bouge en ville: Ce qui veut dire que tu n’es pas en ville en fait? Or, surprise, quand on parle de harcèlement de rue, c’est souvent en milieu urbain. Donc peut-être, mais peut-être seulement, que ton expérience personnelle n’est pas extrêmement valide en fait.
  • qu’on s’est fait banner son compte LoL pour insultes à répétition: Je ne sais pas pourquoi, mais ça ne m’étonne pas trop en fait, vu ton vocabulaire dans cette vidéo.
  • des débiles qui se filment en train de manger du piment sur YouTube: Faut pas cracher sur les petits copains, hein, c’est méchant.
  • on est d’accord, tout le monde l’a déjà dit: On n’est pas du tout d’accord, mais je vois que de toute façon, il n’y a que ton propre avis qui t’intéresse, et que tu supposes que tu es la lumière qui guide ce monde en perdition, et donc que tout le monde fait comme toi.
  • Toulouse: Pourquoi Toulouse particulièrement? Tu aimes bien la ville?
  • d’autres gens, on sait pas trop ce qu’ils foutent dans la vie: Ils essaient peut-être de percer sur YouTube avec des vidéos faussement provocantes?
  • un fils de pute de chômeur d’escroc: C’est trop mignooooon d’avoir une vision du monde où on est un gars super cool et où les autres sont des escrocs. T’as peut-être aussi besoin de quelques rudiments en économie en fait. Mais t’en fais pas, même toi, tu peux te renseigner sur les analyses classique et keynésienne, puis passer aux théories des marchés segmentés. Oh, mais je suis bête, tu es marxiste, toi, ton truc, c’est l’armée industrielle de réserve.

 

Alors, est-ce que mon corps m’appartient? Je peux comprendre que l’argument te choque. Oui, c’est un slogan pour l’avortement, au départ. C’est vrai. Et on a légalisé l’avortement il y a plus de 40 ans.

C’est peut-être pour ça qu’on l’utilise pour autre chose d’ailleurs. En l’occurrence, des femmes se disent dépossédées d’elles-mêmes quand elles sont abordées dans la rue par des inconnus qui se permettent de donner leur avis sur leur corps sans prévenir. Ce n’est pas agréable d’être vue comme une pièce de viande à l’étal, avec un client qui vient dire qu’il la trouve tendre.

Dans ce contexte, dire “Mon corps m’appartient”, c’est dire “C’est mon corps. Ce n’est pas parce que tu le vois que tu as le droit de m’imposer ton jugement dessus. Même si ce jugement est positif”.

Donc oui, il faut penser au contexte: malheureusement, c’est à toi qu’il échappe ici, semble-t-il.

 

Développement de la vidéo 6: “Mon Dieu, c’est du fake!” (de 6:25 à 7:24)

Marion Seclin: “T’as été harcelée, mais… t’as vu aussi comment t’étais habillée?”

Oui, alors ça, c’est le petit passage classique pour crédibiliser ta vidéo, et c’est le seul point où je suis d’accord avec toi: les gens qui disent ça sont clairement des débiles. Mais, et parce qu’il y a un “mais”, je soupçonne quand même fortement plus de la moitié des tweets que t’as reçu d’être des gros fake. On connaît les mythomanes qui cherchent à faire les intéressantes. Sur Internet, les mythos sont décuplés. C’est vérifiable, il n’y a qu’à voir les forums JVC où tout le monde a une bite de 32 cm, 40K de salaire mensuel tout en étant mannequin chez Calvin Klein pour s’en rendre compte. Et quand je vois que Black Chibre a tweeté, hein, tu me permettras d’émettre quelques doutes sur la véracité de ces histoires.

Marion Seclin: “Donc au lieu de s’en prendre aux victimes, pourquoi on s’en prendrait pas à… attends, je dis ce qui me passe par la tête… aux agresseurs?”

Bon, on va pas revenir là-dessus, encore une fois, on confond “faire un compliment” et maintenant “être un agresseur”. Donc maintenant, ça fait un moment qu’on avait compris que c’était le bordel dans ta tête. Ça balançait des idées en veux-tu, en voilà, le sujet est pas défini, c’est vraiment la merde. Et j’peux t’assurer que si ça avait été mis à l’écrit et rendu à un prof de français, il t’aurait dit pareil en te mettant 2. Et puis il se serait rappelé que t’es une meuf et il t’aurait mis 14. J’vais pas lancer le débat, mais les meufs favorisées à l’école, on connaît l’histoire, personne n’en parle, moi j’en parle, niquez vos mères. Connards de profs de français, va.

  • le petit passage classique pour crédibiliser ta vidéo: Au moins, elle en a un, elle.
  • Mais, et parce qu’il y a un “mais”: Ça m’aurait étonné, aussi…
  • je soupçonne quand même fortement plus de la moitié des tweets que t’as reçu d’être des gros fake: Ah, mais ça, c’est tout à fait possible. Faudra le prouver ensuite. Et pas avec un exemple: si tu sors un chiffre, justifie-le, ou donne-nous une source.
  • il n’y a qu’à voir les forums JVC: Etant donné que ce sont a priori des gens d’accord avec toi, est-ce très pertinent de les clasher? Pense à ton public, mon gars, quoi!
  • Et quand je vois que Black Chibre a tweeté: Ah, là, tu as l’oeil, bravo, rien à redire.
  • tu me permettras d’émettre quelques doutes sur la véracité de ces histoires: C’est cool! maintenant, va falloir développer un peu ces doutes et les justifier. Sinon, ça fait juste mauvaise langue.
    • L’exemple est vrai: permet-il de tout disqualifier? Permets-moi d’en douter.
  • “faire un compliment” et maintenant “être un agresseur”: C’est quand même marrant de considérer que c’est nécessairement l’interprétation de l’émetteur qui l’emporte sur celle du destinataire.
  • si ça avait été mis à l’écrit: Un peu comme ce que je me suis fatigué à faire pour toi, quoi.
  • rendu à un prof de français, il t’aurait dit pareil en te mettant 2: C’est compulsif, chez toi, cette manière de parler à la place des gens? Tu lis dans leurs pensées pour pouvoir faire ça? On va t’appeler Professeur Xavier?
  • Et puis il se serait rappelé que t’es une meuf et il t’aurait mis 14: Hahahaha! T’es vraiment en train d’essayer de justifier que t’as eu des notes pourries à l’école parce que tu étais un mec, et pas parce que tu ne bossais pas assez? Sérieusement?
    • P-S: oui, moi aussi, je verse dans l’ad hominem parfois.
  • J’vais pas lancer le débat: Oh, bah, non, tu l’as juste ouvert en grand.
  • personne n’en parle: Sauf toi visiblement. Et sans preuves, évidemment.
  • moi j’en parle: Donc si tu en parles, tu ne peux pas dire « personne n’en parle », non? Mais t’es incohérent, mec!
  • Connards de profs de français, va: Ça se confirme: pauv’ bout d’chou est mauvais à l’école en français. Et forcément, c’est la faute des autres, et surtout des profs. C’est qui l’escroc, au juste?

 

Comme je le disais, tu as raison d’émettre des soupçons sur les tweets reçus. Surtout que l’exemple avec Black Chibre est révélateur, et qu’on peut s’interroger sur la pertinence et la véracité des tweets choisis avec ça.

Maintenant, entre émettre des doutes et montrer que c’est faux, il y a une différence. Et c’est là que tu échoues: tu ne parviens pas à montrer que ces tweets sont des faux. Oui, leur provenance est biaisée. Oui, certains sont faux. Mais ça ne les disqualifie pas tous d’office, contrairement à ce que tu sembles croire.  Encore une fois, tu manques de rigueur.

Et d’ailleurs, est-ce que ce n’est pas un peu malhonnête intellectuellement que de dire: “il y a de gros doutes, les gars”, mais sans aller plus loin que ces doutes, et d’en déduire que c’est faux, au lieu de montrer que c’est faux? Le sens de la nuance, mon cher, toujours.

 

Développement de la vidéo 7: “Généralisations et victimes” (de 7:24 à 8:19)

Marion Seclin: “Si toi dans ma situation, ça t’aurait pas dérangé, grand bien t’en fasse. Mais le fait est que moi, je me suis sentie harcelée. Moi, je, moi, je, moi, moi. Tu les déranges. Moi. Les. Moi. Les. Je”

“Caméo”: “Alors, vous l’avez?”

Vous avez compris, le coup classique. Quand elle est en difficulté, elle revient à “C’est mon avis à moi”, mais quand elle attaque, elle généralise à l’avis de tout le monde. Marion, enfin, c’est grossier comme argumentation, on vaut mieux que ça, s’te-plaît.

Marion Seclin: “Ouais, mais si on peut plus draguer dans la rue, on peut draguer où? Pas dans la rue. Sache qu’à chaque fois que tu veux parler à une fille ou à un groupe de filles pour rentrer dans un rapport de séduction, tu risques très très très fortement de les importuner.”

Mais je t’importune de quoi, putain? Arrête un peu, si t’en as marre au bout de deux secondes, tu l’envoies chier, le mec, comme vous savez très bien le faire, putain, stop de jouer les victimes là. ‘Tain, le mec arrive, balance un “Euh, salut, ça va?” et pauvre de toi, ça t’importune. Bah, devine quoi, ton caprice de merde, on en a rien à foutre. Moi, dans la rue, tu me casses les couilles à pas t’écarter du putain de trottoir alors que j’ai trois fois ton tour d’épaules, mais ça veut pas dire que je vais commencer à faire un putain d’hashtag de merde #TuTesFaitUneLuxationDeLépauleMais… Putain!

  • Moi, je, moi, je, moi, moi: Joli montage.
  • elle généralise à l’avis de tout le monde: Exactement comme toi, quoi.
  • c’est grossier comme argumentation: Heureux que tu le reconnaisses. C’est bien d’être lucide sur ce qu’on fait, dans la vie.
  • on vaut mieux que ça: Oups, petite référence qui se glisse. Bravo, mon grand!
  • stop de jouer les victimes: Intéressante vision de ce qu’est une « victime » au fait. Suis-je bête, le problème, c’est la victime, pas la personne en face, qui agit, elle. Tu n’as pas un petit problème avec la notion de causalité?
  • on en a rien à foutre: Empathie: zéro. Compréhension de l’autre: zéro. Respect: zéro. Ah, les plaisirs de l’égoïsme…
  • à pas t’écarter du putain de trottoir: Tu veux pas qu’on te fasse une haie d’honneur, non plus?

 

Bon, je vais passer rapidement sur tes généralisations, je crois avoir montré que tu les accumulais depuis le début de ta vidéo.

En revanche, ce qui est intéressant, c’est ta conception des victimes. Si je comprends bien, pour toi, au fond, c’est horrible d’être une victime, c’est la honte, c’est nul. Et tu ne veux absolument pas en être une: c’est la passivité, tout ça… Et toi, t’es un vrai conquérant, quoi.

Mais ce qui est encore plus drôle, c’est que ça te conduit à cracher sur les personnes qui “se prennent pour des victimes”. Donc en fait, tu es ambivalent: d’un côté, tu ne veux pas être une victime, de l’autre, il y a les “vraies victimes” et les personnes qui se font passer pour des victimes. Tu ne culpabiliserais pas un petit peu, en fait? Je veux dire, au fond, tu aimerais bien être une victime, c’est confortable et tout, mais comme tu n’assumes pas parce que ça tranche avec ta conception de la virilité, tu préfères cracher sur les victimes et nier leur état, au lieu de le reconnaître.

C’est de la psychologie de comptoir, tout à fait. Mais bon, je me mets à ton niveau.

Développement de la vidéo 8: “De la sociologie de l’espace urbain” (de 8:19 à 9:00)

Marion Seclin: “Il existe plein de lieux où adresser la parole à quelqu’un…”

Ah, parce qu’on a besoin d’un lieu pour parler aussi maintenant. Tu te crois à la bibliothèque aussi, non?

Marion Seclin: “Adresser la parole à quelqu’un et entrer dans un rapport de séduction ne sera pas pris comme une intrusion… Mais pas la rue”

Ah ouais? Bah, genre où alors? Genre sur Happn, c’est ça? Oh oui, Tinder, tout ça, c’est un bon endroit, ça. Allez, c’est parti, on télécharge tous Happn comme des gros cassos parce qu’on a pas les couilles de le faire dans la vraie vie, c’est ça? Ah, là, c’est plus du harcèlement, ah, là, d’un coup, c’est légitime. On n’interrompt pas madame pendant qu’elle fait sa balade de chômeuse d’un point A à un point B. Ou alors on attend de te retrouver à une de tes soirées privées de bourgeoise, c’est ça? Et encore, on sait jamais, peut-être qu’on va t’interrompre pendant que tu te bourres la gueule comme une dépravée, parce qu’après tout, c’est ton “corps”. Tu t’es pas dit qu’au moins dans la rue, il y avait pas de séparation sociale? Tu t’es pas dit que Jean-Fabien, Abdel et Boubacar, les beaux gosses du 9-3, bah, ils iront jamais de leur vie dans ta soirée privée de merde dans un 100m² intra-muros. Non, il y a des endroits pour ça, voyons!

 

  • on a besoin d’un lieu pour parler aussi maintenant: Ah, parce que toi, bien sûr, tu hurles dans les églises ou tu débarques en réunion d’entreprise pour chanter du metal? Arrête ton char, tu adaptes ta parole en fonction des lieux, c’est juste que tu n’en es pas du tout conscient, et que ça t’agace quand on te le fait remarquer.
  • Tu te crois à la bibliothèque aussi, non? Ah, bah, tu vois que tu en es conscient!
  • Genre sur Happn, c’est ça? Oh oui, Tinder, tout ça, c’est un bon endroit, ça: C’est marrant de se plaindre que plein de gens n’ont pas le courage d’aborder les gens dans la rue pour ensuite cracher sur les moyens qui leur permettraient quand même de trouver quelqu’un malgré ça. Où est la cohérence?
  • c’est légitime: Bah oui, puisqu’on est sûr que l’autre est aussi dans une démarche de séduction. C’est quoi le problème exactement?
  • chômeuse: Comment dire… Elle est comédienne, pas chômeuse. Et oui, c’est un travail. On se renseigne avant de faire une vidéo, quoi.
  • bourgeoise: Bon, elle est chômeuse ou pas? Parce qu’elle les paie comment ses « soirées privées de bourgeoise »? Faudrait savoir, mec.
  • tu te bourres la gueule comme une dépravée: Ça se confirme: cet homme n’aime pas l’alcool. Et il veut l’interdire pour les autres. Bienvenue, ô roi de la prohibition. Raptor Beecher(4), c’est ça?
  • au moins dans la rue, il y avait pas de séparation sociale: Hahahahaha! Oh, c’est trop grossier! Mais t’es sérieux, mon gars? Mais lis! Lis des ouvrages de sociologie urbaine, et tu verras que tu dis juste n’importe quoi!
  • ils iront jamais de leur vie dans ta soirée privée de merde: C’est vrai. Mais ils n’iront pas non plus traîner dans le Quartier latin, tu sais. Donc bon…

 

Bon, faut être sérieux deux minutes là: oui, la séparation sociale existe aussi dans la rue. Oui, il y a des quartiers où on ne croise jamais des gens d’une autre classe sociale. Oui.

Si tu veux te renseigner là-dessus, je t’en prie: https://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=4&ved=0ahUKEwjJ7P3V-fjNAhWsCsAKHYSKB1wQFgg0MAM&url=http%3A%2F%2Feso.cnrs.fr%2F_attachments%2Femergence-d-un-espace-public-en-milieu-rural-article-2-2-2-2-2-2%2Fds.pdf%3Fdownload%3Dtrue&usg=AFQjCNHNYj_o9KcrqSaaa2nKxzeV1bEZGg&sig2=Rs4b67D6_CE3w4dY_Zn1RQ

Tu as ici une thèse entière sur la question: https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00354936/document

Là, tu as même une réflexion pour savoir si cette séparation est justifiée ou non: http://www.cairn.info/revue-annales-de-geographie-2009-1-page-94.htm.

Et il y a un blog sur la question spécifique du genre et de l’espace urbain: https://feminicites.wordpress.com/

 

Ton problème, c’est que tu crois en toute bonne foi que parce qu’il n’y a pas d’interdiction formalisée, écrite, que tout le monde connaît, cette interdiction n’existe pas. Hélas, ça ne marche pas comme ça: certaines interdictions sont tacites, tellement intégrées dans les codes qu’on ne les voit même pas. Et ça t’énerve quand on te fait remarquer qu’elles existent. Je ne sais pas pourquoi ça t’énerve d’ailleurs. Peut-être parce que tu veux te croire libre et qu’on te montre que ta liberté n’est qu’un hochet?

 

Développement de la vidéo 9: “Un consentement mutuel? Bah voyons!” (de 9:02 à 9:58)

C’est pas la peine d’essayer de nuancer tes propos à la fin de ta propagande, là.

Marion Seclin: “Alors oui, il existe une vraie différence entre harcèlement de rue et drague de rue”

Putain, au bout de 5 minutes, tu finis par lâcher ça tranquille, comme ça, pas comme si ça remettait en cause ta putain d’argumentation foireuse et confuse que t’as depuis le début, hein. Tu te fous vraiment de notre gueule.

Marion Seclin: “La rue, c’est pas là où on pécho, c’est pas là où on s’fait des copains. Parfois, ça arrive, mais ça vient d’un consentement mutuel”

Ah oui, d’un consentement mutuel! Non, mais, c’est pas possible, tu vis sur une autre planète. Et on fait comment pour arriver à un consentement mutuel si on se parle pas, putain?

Mais elle est c*biiiip*nne, celle-là, c’est pas possible! Tu veux boire des pommes, c’est ça qu’tu veux? J’tai dit, c’est pas la peine de nuancer tes propos si t’as rien pour appuyer ce que tu dis, merde. Un consentement mutuel! Et elle y croit, elle y croit, cette *biiiiip*, et elle est persuadée.

Marion Seclin: “Et si t’y vas quand même, et qu’elle t’envoie chier… dis-toi que j’te l’avais bien dit”.

Nan, mais en plus, maintenant, t’essaies de nous décourager, quoi. Mais t’as pas compris qu’on a déjà pas les couilles d’y aller ou quoi? Il y a déjà pas un mec sur mille qui y va. Alors commence pas à écraser le peu de burnes qui nous reste, putain: c’est quand on voit ce genre de conneries qu’on se rend compte qu’on a pas tous les mêmes problèmes, hein. Faut vraiment être une petite pourrie-gâtée pour cracher dans la soupe et venir chialer parce qu’on t’a fait un compliment dans la rue.

 

  • C’est pas la peine d’essayer de nuancer tes propos: De toute façon, j’avais bien compris que la nuance, c’est définitivement pas quelque chose qui t’intéresse.
  • tu vis sur une autre planète: Je t’avoue que je ne suis moi-même pas follement enthousiaste à l’idée de vivre sur la même planète que toi. Mais bon, voilà…
  • on fait comment pour arriver à un consentement mutuel si on se parle pas: Ah? Bonne question. Et bien justement, en se trouvant dans des endroits consacrés à ça. Ca s’appelle un contexte. C’est ouf, non?
    • T’as déjà essayé de draguer ta contrôleuse des impôts en plein contrôle fiscal? Non, et peut-être parce que le contexte n’était pas adapté, non? Donc oui, tu fais un effort, et tu te demandes si le contexte est adapté. Mais faut faire un effort.
    • P-S: au fait, consentement mutuel n’est pas forcément consentement mutuel verbal.
  • elle est persuadée: En même temps, si elle n’y croyait pas, tu serais le premier à lui faire un procès en hypocrisie, non?
  • t’essaies de nous décourager: C’est un peu le but depuis le début de la vidéo en fait. Tu regardes avant de critiquer, ou…
  • commence pas à écraser le peu de burnes qui nous reste: C’est ça qui es triste: c’est que tu crois vraiment que pour être un homme, faut oser aller parler aux filles dans la rue. C’est triste. Et c’est petit. Voire mesquin en fait. Je sais pas, je m’attendais à quelque chose de mieux: aller escalader l’Everest par exemple.
  • on se rend compte qu’on a pas tous les mêmes problèmes: Mais oui! Mais oui! Voilà! Tu l’as! T’as compris!
    • Maintenant, va falloir que tu comprennes que tes problèmes ne sont pas forcément ceux qui sont prioritaires sur terre. Et une fois que t’auras fait ça, t’auras fait un grand pas.
  • cracher dans la soupe: Ah, mais parce que tu crois vraiment que tout le monde attend ton compliment comme si c’était la bénédiction divine? Hé bé…
  • venir chialer parce qu’on t’a fait un compliment dans la rue: En fait, avoue: personne ne te fait jamais de compliment et tu baves à l’idée d’en recevoir un, c’est ça?

 

Tu as posé une bonne question: comment accéder à un consentement mutuel si on ne peut pas se parler pour le mettre en place?

Or le problème est que la prise de contact elle-même est problématique. Donc ça aboutirait à un blocage… si Marion Seclin ne défendait justement pas l’idée qu’il y a un contexte propice à la séduction.

Il y a une inversion intéressante: on verbalise des interdictions dans une vidéo sur Internet, pour justement dire “cette interdiction est non-verbale, elle dépend du contexte”. Ce qui est logique, puisque la verbalisation est alors perçue comme une agression. Donc ici, la verbalisation est préventive, mais se pose toujours la question de la généralisation du comportement.

C’est donc plus une question de risques: sachant que tu as plus de risques de harceler quelqu’un en l’abordant dans la rue, pour réduire ce risque, mieux vaut restreindre son approche à certains lieux, considérés comme plus propices à la séduction (lieux dont le nombre est vaste d’ailleurs: bars, soirées, boîtes de nuit…).

Donc oui, ça te demande un effort. Effort que tu peux consentir à faire quand tu comprends que le comportement d’approche dans la rue est vécu comme problématique par les premières concernées. En plus, ça devrait t’éviter de te faire basher méchamment. C’est plutôt à ton avantage, au fond.

Développement de la vidéo 10: “Toutes les femmes ne sont pas dérangées quand on les aborde dans la rue” (de 9:59 à 10:39)

Tu t’es jamais dit qu’il y a des meufs, ça leur fait grave plaisir qu’on les drague?

Nicolas Dolteau: “Qu’est-ce que tu penses de ce que je viens de faire?”

Interviewée 1: “Bah, c’est assez inhabituel, mais euh…”

Nicolas Dolteau: “Ça veut dire, ça t’arrive pas souvent?”

Interviewée 1: “Nan”

Interviewée 2: “Bah, c’est paradoxal, c’est flatteur”

Interviewée 3: “J’ai trouvé ça sympathique”

Bah non, parce que toi, à part ton petit avis de merde que tu partages avec tes potes complexés, le reste, tu connais pas. ‘Tain, mais moi, quand une meuf m’arrête dans la rue pour me faire un compliment, je suis à fond. Bon, ça arrive absolument jamais, mais bon.

Pourquoi t’essaies de saper la bonne volonté des gens? Tu veux quoi? Qu’on tire tous la gueule, que personne se parle dans la rue? Qu’on soit juste en mode robots-esclaves qui va d’un point A à un point B? Bah oui, puisqu’après tout, on peut plus discuter. De toute façon, comme on dit, on se rend compte de la valeur d’une chose que quand on en est privé. Donc laisse les gens qui aiment la vie continuer à s’adresser la parole entre eux, dans la rue s’ils le veulent et arrête tes caprices de merde. T’es une femme, pas une fillette.

  • ça leur fait grave plaisir qu’on les drague: Il n’y a pas que les mecs qui soient désespérés, semble-t-il.
    • P-S: c’est de l’humour! Je ne le pense pas! On se calme.
  • le reste, tu connais pas: Ah, donc, un contre-exemple suffit à casser une argumentation? C’est bien ce que tu dis? Vu le nombre de tes généralisations, désolé de t’apprendre que dans ce cas-là, tu as tout faux.
  • moi: Qui reprochait à Marion Seclin de dire « Moi, je » tout le temps déjà?
  • quand une meuf m’arrête dans la rue pour me faire un compliment: Et il t’est pas venu à l’idée que justement, c’est parce que tu es un mec que tu dis ça, et qu’une fille peut avoir une réaction différente? En gros, ton expérience ne signifie rien ici. Et arrête de te prendre pour le centre du monde, quoi. C’est saoulant à la longue.
  • ça arrive absolument jamais: Donc, tu reconnais que tu ne sais pas de quoi tu parles, parce que tu ne l’expérimentes pas! Mais tu peux pas faire moins crédible que ça, mec!
  • la bonne volonté: T’as toujours pas montré en quoi c’était bien de parler aux gens dans la rue. Donc ne saute pas une étape de ton raisonnement comme ça, ça la fout mal.
  • on peut plus discuter: Joke! Si tu confonds « discuter » et « draguer », il y a un problème. Une discussion, c’est une fin en soi: on peut l’apprécier pour elle-même. Là, tu en fais juste un moyen pour draguer. C’est pas toi qui te plaignais de ce genre de confusions tout à l’heure?
  • les gens qui aiment la vie: J’aime la mort! Non, sérieux, tu pouvais pas trouver autre chose? Parce que là, en termes de glissement, c’est beau: j’aborde les gens dans la rue donc j’aime la vie.
    • Tu l’aimes, tu la chantes, et puis quoi encore? T’arrêtes de faire le niais et de cueillir des coquelicots, oui?
  • s’ils le veulent: Ca fait bien 5 minutes qu’elle t’explique qu’elle ne le veut pas. Donc vous êtes d’accord en fait. Du coup, tu écoutes la dame et tu passes ton chemin la prochaine fois que tu la croises.
  • T’es une femme, pas une fillette: C’est pour ça que tu lui parles avec le champ lexical qu’on réserve aux enfants d’habitude? « Caprices », « petite pourrie-gâtée ». Mais t’es tellement pas cohérent dans ce que tu dis!

 

Alors, oui, effectivement, il y a des femmes qui apprécient d’être abordées dans la rue. Comme il y en a qui n’apprécient pas. On ne peut pas généraliser, dans un sens comme dans l’autre.

Et c’est bien pour ça que je parle de réduction des risques. Tu ne sais pas a priori si la femme en face de toi va apprécier ou non. Mais sachant que, oui, certaines femmes n’aiment pas être abordées dans la rue, et comme tu n’as pas de statistiques précises sur le pourcentage de population qu’elles représentent, tu réduis le risque 1) d’ennuyer quelqu’un 2) de prendre une remarque méprisante en ne l’abordant pas.

Dans le doute, n’aborde pas. Réserve-toi pour les lieux dédiés à ça. Et manque de chance, tu es toujours dans le doute devant une inconnue. Donc il vaut mieux que tu t‘abstiennes: c’est mieux pour elle et c’est mieux pour toi (pense à ton pauvre ego, pas la peine de le martyriser violemment).

 

Conclusion de la vidéo: “Faites ce que je dis, pas ce que je fais” (de 10:39 à 11:28)

Et voilà, les gens, c’était ma réponse à la vidéo de Marion Seclin “T’as été harcelée mais…”. Marion, je considère que c’est un sujet sérieux, donc j’ai fait l’effort de ne pas t’insulter pour que les gens puissent comprendre mon point de vue, sans pouvoir se réfugier dans le “De toute façon, tu fais qu’insulter”, qui est l’argument du débile qui souhaite ne pas comprendre.

Pour une fois, je souhaiterais que l’espace Commentaires reste à peu près respectueux et j’aimerais beaucoup que toutes les femmes qui regardent cette vidéo disent ce qu’elles pensent en commentaire.

Comme d’habitude, n’oubliez pas de dislike parce que vous ragez d’avoir rien à dire. C’était le Raptor et on se retrouve à la prochaine vidéo, tchao!

  • j’ai fait l’effort de ne pas t’insulter: T’es amnésique ou tu te fous de nous? Je te cite: « Mais elle est c*biiiip*nne, celle-là, c’est pas possible! » Si c’est pas insulter quelqu’un, ça…
  • je souhaiterais que l’espace Commentaires reste à peu près respectueux: C’est louable. J’applaudis. C’est juste dommage que pendant toute ta vidéo, tu aies été aussi irrespectueux. Faites ce que je dis, pas ce que je fais.
  • vous ragez d’avoir rien à dire: Oh, il y avait beaucoup à dire, la preuve.

 

Il est temps pour moi aussi de conclure. Mon cher Raptor, ne te sens pas attaqué par la vidéo de Marion Seclin. Ne t’estime pas jugé parce que tu es un homme et que tu n’y peux rien. Parce que c’est vrai, tu es un homme, et tu ne l’as pas choisi. Pas plus que tu n’as choisi de naître et d’être éduqué dans une société sexiste. Tout ça fait que oui, tu as un certain comportement. Et que ce comportement est dénoncé par certaines féministes.

Mais ne t’inquiète pas. Ce comportement, il n’est pas lié à ton essence, à ta nature, ou quoi que ce soit. Quand on vient te parler du harcèlement de rue, ce n’est pas pour te faire passer devant le tribunal. C’est pour que tu te rendes compte que ça existe et que tu fasses évoluer ton comportement en fonction, justement parce qu’on croit que tu peux le faire.

C’est dommage que tu t’énerves autant sur cette vidéo. Mais si on questionne ton comportement, ce n’est pas uniquement pour t’ennuyer. C’est parce que ça ennuie d’autres personnes.

Alors oui, on ne peut pas savoir à l’avance. Peut-être que la personne en face sera flattée d’être abordée par un inconnu qui lui fait un compliment dans la rue. ou peut-être pas. C’est pour ça que je t’ai parlé de réduire les risques: parce que c’est tout ce que nous pouvons faire. Mais c’est déjà beaucoup.

J’espère donc que la prochaine fois que tu feras une vidéo sur un sujet similaire, tu te seras vraiment renseigné sur la question d’une part, et que tu auras réfléchi à ce que ça peut impliquer parfois d’autre part.

Allez, sans rancune!

Vinteuil.

P-S: au fait, avant que tu ne t’étrangles, je te préviens: je suis un homme, je suis hétéro, je suis blanc. Et je suis d’accord avec Marion Seclin. Dommage, hein!

(1) J’excepte bien entendu le cas spécifique des trans, et je m’excuse si j’ai choqué quelqu’un.e par cette remarque. Je n’ai d’ailleurs pas abordé tous les cas de transphobie et d’homophobie dans cette vidéo, tant ça me paraissait visible et grossier.

(2) Oui, on peut être blanc et s’appeler Mohamed, c’est vrai. Mais n’oublions pas que je parle du cliché du recruteur, là.

(3) Encore une fois, cette phrase ne prend pas en compte les trans, et je m’en excuse. J’ai conscience que c’est plus compliqué que ça, mais le format ne me permet pas d’aller plus dans la précision.

(4) https://en.wikipedia.org/wiki/Lyman_Beecher?oldid=666762154

 

Vous trouverez ci-dessous le texte complet de la vidéo du Raptor Dissident, non découpé, si vous voulez le lire d’une traite. Je n’ai pas enlevé un seul mot (du moins je pense. S’il en manque, c’est une omission involontaire et j’en suis désolé).

 

“Le féminisme avant, c’était la lutte pour des avancées sociales majeures pour la femme, comme le droit de vote, c’est-à-dire le droit de donner de la légitimité aux guignols qui nous gouvernent, le droit de travailler, c’est-à-dire le droit d’être un esclave, ou encore le droit à l’avortement. Mais aujourd’hui, le féminisme s’emmerde, et c’est contagieux, parce qu’il fait chier tout le monde. Il est tombé dans la revendication systématique de tout et de rien. On s’attarde sur des détails stupides comme le fait qu’en grammaire, le masculin l’emporte, et on délire avec des pseudo-combats stupides et manipulés, qui relèvent souvent plus du caprice puéril d’enfant gâté que de la réalité, par exemple l’imposition de quotas dans le monde du travail. Dans le monde du travail, enfin que quand c’est pour des postes stylés genre au gouvernement, parce que jusqu’à preuve du contraire, personne n’est jamais venu faire chier lorsqu’il s’agit d’être un caissier de merde à Lidl ou de venir réparer mes chiottes, hein, faut l’savoir.

La nouvelle féministe est souvent une petite bourgeoise qui nous fait son petit caprice comme on a une poussée d’acné et qui est tellement persuadée qu’elle est au centre du monde qu’elle oublie que la majorité des problèmes dont elle parle touchent en fait tout autant sa p’tite gueule que la communauté masculine. ce qui fait qu’en l’entendant parler, on se demande souvent si elle n’est pas complètement idiote, ignorante ou simplement hystérique. Parfait exemple de cette vision borgne des choses, la vidéo “T’as été harcelée, mais” de Marion Seclin, qui nous prouve, comme je vais vous le montrer qu’il est complètement stupide et égoïste de considérer des problèmes comme le harcèlement de rue comme étant unisexes.

Je suis le Raptor et vous regardez “Expliquez-moi cette merde”.

 

Alors d’emblée, j’ai pas encore regardé la vidéo qu’j’sais à peu près à quelle saloperie j’ai affaire. Déjà, c’est du madmoizelle.com. Donc, pour ceux qui connaissent pas, rapidement, c’est une sorte de regroupement de chialeuses, parfois mythomanes, souvent paranos, qui s’inventent des vies, comme quoi on les drague à tout bout de champ dans les rues, alors qu’à part les blédards en chien, et les alcooliques dans le caniveau, personne sur cette planète leur a jamais adressé la parole, et encore moins pour les draguer. Parce que bon, passé le fait que la plupart soient absolument pas attirantes, que tout le monde a remarqué sauf elles, vu que comme toutes les meufs elles passent leur temps à s’entre-sucer sur les forums et les réseaux sociaux, à base de “t’es trop belle, ma chérie”, alors qu’en vrai, elles ressemblent à un doigt de pied, bah, tu te rends compte, au bout de deux minutes de conversation avec elles, qu’elles sont ultra pète-couilles, et si tu es un homme normalement constitué, ton instinct primitif va être de gentiment lui dire d’aller se faire foutre, soit de punir son insolence en lui ébouriffant d’une claque humiliante ses cheveux mal coiffés, dans une vaine tentative de la faire redescendre sur terre.

Enfin, je dis bien un homme normalement constitué, pas un type louche en recherche d’identité qui a abandonné son honneur et sa virilité pour se teindre les cheveux en rose et faire des vlogs sur l’eau du robinet.

Vous l’aurez compris, en regardant la vidéo, j’avais déjà une bonne idée de ce qui m’attendait. Et ça n’a pas loupé: 7:36 de pleurnichage et de comédie. Oui, de comédie, parce qu’en plus, elle essaie d’être drôle.

Marion Seclin: “Ce que je déteste vraiment dans la rue, c’est quand il pleut”.

Rire.

Marion Seclin: “Le lobby le plus puissant depuis le lobby Pokémon”.

Rire bis.

Donc Marion nous explique dans sa vidéo que les femmes, enfin…

Marion Seclin: “Majoritairement les femmes”

Sont harcelées dans la rue par des individus masculins, enfin…

Marion Seclin: “majoritairement masculins”.

Hein, histoire de pas trop généraliser, mais quand même. Donc, comme je disais tout à l’heure, on a affaire à une vision borgne de la réalité, en considérant que le harcèlement de rue touche uniquement les femmes. Bon, inutile de préciser que c’est de la connerie immense, parce que oui, c’est vrai que les femmes se font souvent emmerder dans la rue, même en général, que ce soit par des gros lourds qui se prennent par des caïds de cité, par des gros pervers qui ont besoin de se faire casser la gueule, par de vrais hommes s’il en reste. Mais ne vous inquiétez pas les filles, c’est exactement les mêmes qui viennent nous racketter notre téléphone de babtou et notre PSP, quand on rentre tranquillement pour le goûter, et qui nous bollossent quand on fait l’erreur de prendre le métro après 22h. Certaines se font mater et violer, d’autres se font casser la gueule et voler: vous inquiétez pas, niveau humiliation, on est tous sur une base à peu près égale.

Mais le gros problème dans cette vidéo, c’est que Marion Seclin va apparenter la drague de rue à du harcèlement, en utilisant des comparaisons illégitimes et des raccourcis douteux qu’on va bien analyser, pour détruire une bonne fois pour toutes cette argumentation bancale qui essaie de vous tromper, que vous soyez une femme ou un homme.

Marion Seclin: “Et je vous ai demandé sur Tweeter les phrases les plus what the fuck que vous avez entendues sur le harcèlement de rue, avec le hashtag #tasétéharceléemais.”

Donc Marion commence par demander l’avis des meufs sur Tweeter. Enfin, l’avis des meufs qui la suivent sur Tweeter. Donc déjà, on sent qu’on va se taper l’avis de toutes les merdes frustrées de la vie, qui compensent en étant agressives sur Tweeter. et ça y est, la confusion commence.

Marion Seclin: “Et comme d’habitude, j’ai eu droit à des perlouzes, oh là là”.

Certains tweets font allusion à une demande de numéro, donc sûrement à de la drague. D’autres font allusion à des mecs bourrés, donc à du connard de première espèce. Autant dire qu’on comprend direct à qui on a affaire, le sujet c’est un bordel complet, on sait même pas de quoi on parle, mais en mettant tout ça plus ou moins dans le même panier par pure fainéantise intellectuelle, on arrive à ça: une vidéo de merde, qui essaie de culpabiliser les rares hommes qui ont les couilles d’aller parler à des meufs dans la rue, en les mettant au même niveau que Jean-Racaille, qui lui est un harceleur, mais surtout globalement, et j’lai dit tout à l’heure, un fils de pute. Parce que oui, trouver les mots et aller voir une meuf qu’on trouve dard dans la rue, c’est pas à la portée de premier connard. On a tous, mec comme meuf, déjà eu envie d’aller parler à quelqu’un qu’on a repéré dans la rue: mais combien ici ont eu les couilles d’y aller?

Eh oui, la drague de rue, c’est pas un truc à montrer honteusement. C’est limite un truc héroïque. Faut saluer le courage, putain.

Marion Seclin: “Donc aller faire du rentre-dedans de but en blanc à une personne, ou avoir des propos déplacés ou sexuels… Et puis, c’est pas à toi de décider où et quand tu fais un compliment à une inconnue.”

Ah ouais, maintenant, en plus, elle ne fait même plus la distinction entre des allusions sexuelles et des compliments. Mais c’est vraiment n’importe quoi. Voilà. Quand on veut traiter un sujet sérieusement, commence par en définir les limites, putain. C’est la base, sinon forcément ça donne une soupe d’arguments dégueulasses comme ça. T’es allée à l’école un jour, avant de faire tes études d’acting ou quoi?

Marion Seclin: “Regarde, moi, par exemple, j’aime pas les sarouels. Bon, si je vois quelqu’un dans la rue qui porte un sarouel, je le laisse tranquille. Je vais pas aller donner mon avis à cette personne”.

Non, mais c’est quoi le rapport avec ton sarouel de clocharde? On n’en a rien à foutre, si tu parles de drague, c’est un compliment que tu fais, pas une critique. Ça a rien à voir putain, tu vas pas aller voir quelqu’un en lui disant “Salut t’es moche”, non? Sois pas conne, merde. T’as aucun fil conducteur dans tes idées là, ça part à droite, à gauche, tu sors tout et n’importe quoi, ça a aucun foutu sens, bordel.

Marion Seclin: “Quand une femme marche dans la rue seule ou avec d’autres femmes, son corps n’appartient pas à ceux qui peuvent le voir. Son corps reste son corps.”

Ah, celui-là, je l’attendais. Le fameux argument “Mon corps m’appartient, j’en fais ce que je veux” qu’on ressort à toutes les sauces, dès qu’on sait plus quoi dire, un peu comme “C’est bon, j’fais c’que j’veux, t’es pas ma mère, ok?”. Sauf que là, bah, c’est complètement raté parce qu’il y a mais alors, aucun rapport. Te faire un compliment, c’est te voler ton corps? Mais tu veux une salade de phalanges ou quoi?

Putain, mais les féministes, va falloir arrêter de répéter “Mon corps m’appartient” comme des connes sans réfléchir au contexte, bordel. Vous voulez qu’on vous prenne au sérieux un jour ou merde?

Marion Seclin: “Les femmes ont commencé à trouver ça relou de ne pas pouvoir se déplacer d’un point A à un point B sans qu’on l’interrompe”

Ah, alors ça, c’est super intéressant, voyez-vous. Ça soulève la question: pourquoi on sort, qu’est-ce qu’on fout dehors? Alors, selon Marion, sortir dehors, c’est juste un moyen, c’est-à-dire qu’on a un objectif en tête: se rendre quelque part, aller au boulot, faire les courses, etc. Du coup, là, en effet, on se déplace d’un point A à un point B. Mais là encore, elle fait aucune nuance, et donc raconte encore une fois de la grosse merde, parce que sortir dehors, ça peut être aussi une fin en soi. Qui n’a jamais dit à un pote “Vas-y, viens, on sort”, “Viens, on bouge en ville”? Et sur cette proposition de gros galérien qui, faut l’avouer, sauve quand même pas mal quand on se fait bien chier et qu’on en a ras le cul de voir de la merde à la télé, qu’on s’est fait banner son compte LoL pour insultes à répétition, ou qu’on ne supporte plus de voir des débiles qui se filment en train de manger du piment sur YouTube. Ouais, on est d’accord, tout le monde l’a déjà dit. Donc casse pas les couilles avec ton point A et ton point B de merde. Hein, c’est vérifiable, il n’y a qu’à voir à Toulouse, dehors, c’est rempli non-stop d’étudiants qui sèchent les cours et d’autres gens, on sait pas trop ce qu’ils foutent dans la vie, et là, on voit rapidement qui va d’un point A à un point B et qui est un fils de pute de chômeur d’escroc. Allez hop, écoutons la suite.

Marion Seclin: “T’as été harcelée, mais… t’as vu aussi comment t’étais habillée?”

Oui, alors ça, c’est le petit passage classique pour crédibiliser ta vidéo, et c’est le seul point où je suis d’accord avec toi: les gens qui disent ça sont clairement des débiles. Mais, et parce qu’il y a un “mais”, je soupçonne quand même fortement plus de la moitié des tweets que t’as reçu d’être des gros fake. On connaît les mythomanes qui cherchent à faire les intéressantes. Sur Internet, les mythos sont décuplés. C’est vérifiable, il n’y a qu’à voir les forums JVC où tout le monde a une bite de 32 cm, 40K de salaire mensuel tout en étant mannequin chez Calvin Klein pour s’en rendre compte. Et quand je vois que Black Chibre a tweeté, hein, tu me permettras d’émettre quelques doutes sur la véracité de ces histoires.

Marion Seclin: “Donc au lieu de s’en prendre aux victimes, pourquoi on s’en prendrait pas à… attends, je dis ce qui me passe par la tête… aux agresseurs?”

Bon, on va pas revenir là-dessus, encore une fois, on confond “faire un compliment” et maintenant “être un agresseur”. Donc maintenant, ça fait un moment qu’on avait compris que c’était le bordel dans ta tête. Ça balançait des idées en veux-tu, en voilà, le sujet est pas défini, c’est vraiment la merde. Et j’peux t’assurer que si ça avait été mis à l’écrit et rendu à un prof de français, il t’aurait dit pareil en te mettant 2. Et puis il se serait rappelé que t’es une meuf et il t’aurait mis 14. J’vais pas lancer le débat, mais les meufs favorisées à l’école, on connaît l’histoire, personne n’en parle, moi j’en parle, niquez vos mères. Connards de profs de français, va.

Marion Seclin: “Si toi dans ma situation, ça t’aurait pas dérangé, grand bien t’en fasse. Mais le fait est que moi, je me suis sentie harcelée. Moi, je, moi, je, moi, moi. Tu les déranges. Moi. Les. Moi. Les. Je”

“Caméo”: “Alors, vous l’avez?”

Vous avez compris, le coup classique. Quand elle est en difficulté, elle revient à “C’est mon avis à moi”, mais quand elle attaque, elle généralise à l’avis de tout le monde. Marion, enfin, c’est grossier comme argumentation, on vaut mieux que ça, s’te-plaît.

Marion Seclin: “Ouais, mais si on peut plus draguer dans la rue, on peut draguer où? Pas dans la rue. Sache qu’à chaque fois que tu veux parler à une fille ou à un groupe de filles pour rentrer dans un rapport de séduction, tu risques très très très fortement de les importuner.”

Mais je t’importune de quoi, putain? Arrête un peu, si t’en as marre au bout de deux secondes, tu l’envoies chier, le mec, comme vous savez très bien le faire, putain, stop de jouer les victimes là. ‘Tain, le mec arrive, balance un “Euh, salut, ça va?” et pauvre de toi, ça t’importune. Bah, devine quoi, ton caprice de merde, on en a rien à foutre. Moi, dans la rue, tu me casses les couilles à pas t’écarter du putain de trottoir alors que j’ai trois fois ton tour d’épaules, mais ça veut pas dire que je vais commencer à faire un putain d’hashtag de merde #TuTesFaitUneLuxationDeLépauleMais… Putain!

Marion Seclin: “Il existe plein de lieux où adresser la parole à quelqu’un…”

Ah, parce qu’on a besoin d’un lieu pour parler aussi maintenant. Tu te crois à la bibliothèque aussi, non?

Marion Seclin: “Adresser la parole à quelqu’un et entrer dans un rapport de séduction ne sera pas pris comme une intrusion… Mais pas la rue”

Ah ouais? Bah, genre où alors? Genre sur Happn, c’est ça? Oh oui, Tinder, tout ça, c’est un bon endroit, ça. Allez, c’est parti, on télécharge tous Happn comme des gros cassos parce qu’on a pas les couilles de le faire dans la vraie vie, c’est ça? Ah, là, c’est plus du harcèlement, ah, là, d’un coup, c’est légitime. On n’interrompt pas madame pendant qu’elle fait sa balade de chômeuse d’un point A à un point B. Ou alors on attend de te retrouver à une de tes soirées privées de bourgeoise, c’est ça? Et encore, on sait jamais, peut-être qu’on va t’interrompre pendant que tu te bourres la gueule comme une dépravée, parce qu’après tout, c’est ton “corps”. Tu t’es pas dit qu’au moins dans la rue, il y avait pas de séparation sociale? Tu t’es pas dit que Jean-Fabien, Abdel et Boubacar, les beaux gosses du 9-3, bah, ils iront jamais de leur vie dans ta soirée privée de merde dans un 100m² intra-muros. Non, il y a des endroits pour ça, voyons!

C’est pas la peine d’essayer de nuancer tes propos à la fin de ta propagande, là.

Marion Seclin: “Alors oui, il existe une vraie différence entre harcèlement de rue et drague de rue”

Putain, au bout de 5 minutes, tu finis par lâcher ça tranquille, comme ça, pas comme si ça remettait en cause ta putain d’argumentation foireuse et confuse que t’as depuis le début, hein. Tu te fous vraiment de notre gueule.

Marion Seclin: “La rue, c’est pas là où on pécho, c’est pas là où on s’fait des copains. Parfois, ça arrive, mais ça vient d’un consentement mutuel”

Ah oui, d’un consentement mutuel! Non, mais, c’est pas possible, tu vis sur une autre planète. Et on fait comment pour arriver à un consentement mutuel si on se parle pas, putain?

Mais elle est c*biiiip*nne, celle-là, c’est pas possible! Tu veux boire des pommes, c’est ça qu’tu veux? J’tai dit, c’est pas la peine de nuancer tes propos si t’as rien pour appuyer ce que tu dis, merde. Un consentement mutuel! Et elle y croit, elle y croit, cette *biiiiip*, et elle est persuadée.

Marion Seclin: “Et si t’y vas quand même, et qu’elle t’envoie chier… dis-toi que j’te l’avais bien dit”.

Nan, mais en plus, maintenant, t’essaies de nous décourager, quoi. Mais t’as pas compris qu’on a déjà pas les couilles d’y aller ou quoi? Il y a déjà pas un mec sur mille qui y va. Alors commence pas à écraser le peu de burnes qui nous reste, putain: c’est quand on voit ce genre de conneries qu’on se rend compte qu’on a pas tous les mêmes problèmes, hein. Faut vraiment être une petite pourrie-gâtée pour cracher dans la soupe et venir chialer parce qu’on t’a fait un compliment dans la rue.

Tu t’es jamais dit qu’il y a des meufs, ça leur fait grave plaisir qu’on les drague?

Nicolas Dolteau: “Qu’est-ce que tu penses de ce que je viens de faire?”

Interviewée 1: “Bah, c’est assez inhabituel, mais euh…”

Nicolas Dolteau: “Ça veut dire, ça t’arrive pas souvent?”

Interviewée 1: “Nan”

Interviewée 2: “Bah, c’est paradoxal, c’est flatteur”

Interviewée 3: “J’ai trouvé ça sympathique”

Bah non, parce que toi, à part ton petit avis de merde que tu partages avec tes potes complexés, le reste, tu connais pas. ‘Tain, mais moi, quand une meuf m’arrête dans la rue pour me faire un compliment, je suis à fond. Bon, ça arrive absolument jamais, mais bon.

Pourquoi t’essaies de saper la bonne volonté des gens? Tu veux quoi? Qu’on tire tous la gueule, que personne se parle dans la rue? Qu’on soit juste en mode robots-esclaves qui va d’un point A à un point B? Bah oui, puisqu’après tout, on peut plus discuter. De toute façon, comme on dit, on se rend compte de la valeur d’une chose que quand on en est privé. Donc laisse les gens qui aiment la vie continuer à s’adresser la parole entre eux, dans la rue s’ils le veulent et arrête tes caprices de merde. T’es une femme, pas une fillette.

Et voilà, les gens, c’était ma réponse à la vidéo de Marion Seclin “T’as été harcelée mais…”. Marion, je considère que c’est un sujet sérieux, donc j’ai fait l’effort de ne pas t’insulter pour que les gens puissent comprendre mon point de vue, sans pouvoir se réfugier dans le “De toute façon, tu fais qu’insulter”, qui est l’argument du débile qui souhaite ne pas comprendre.

Pour une fois, je souhaiterais que l’espace Commentaires reste à peu près respectueux et j’aimerais beaucoup que toutes les femmes qui regardent cette vidéo disent ce qu’elles pensent en commentaire.

Comme d’habitude, n’oubliez pas de dislike parce que vous ragez d’avoir rien à dire. C’était le Raptor et on se retrouve à la prochaine vidéo, tchao!”

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46 réflexions sur “Billet d’humeur sur “Marion Seclin, Féminisme en Déclin“ du Raptor Dissident.

  1. Juste, merci.
    En tant que jeune femme je me suis efforcée à faire comprendre à mes amis masculins en quoi cette vidéo de Raptor était vexante et décridibilisait la cause féministe, en vain.
    Il faut dire que je ne l’avais pas fait de façon si concise et argumentée mais davantage sous le coup de la colère (autant dire que je représentait l’image de l’éternelle femme hystérique (merci pour ta parenthèse médicale d’ailleurs)).
    Je vais pouvoir leur donner matière à réfléchir grâce à ton billet!

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    1. Si quelqu’un décrédibilise la cause féministe, c’est précisément Séclin.
      Cette fille est une conne, et s’inscrit dans une hystérie décérébrée à deux balles qui nous vient d’outre-atlantique, et qui n’a de féministe que l’étiquette.

      Par ailleurs, je ne vois pas ce qu’être une femme a à voir avec la justesse ou la légitimité de votre opinion en la matière.
      J’en suis une aussi, et j’emmerde votre prétention à parler au nom des autres.

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      1. Ce qui est très drôle, dans le reproche de l’origine américaine de la troisième vague, c’est qu’il y a exactement le reproche inverse aux Etats-Unis. On a vu des personnes râler devant l’origine française du « nouveau féminisme ».
        Certaines autrices et auteurs de la troisième vague, comme par exemple Judith Butler, ont été très influencé.e.s par les philosophes français des années 1970-1980, dont Michel Foucault, et ont utilisé leurs théories pour nourrir le renouvellement de pensée des mouvements féministes.
        Donc ce reproche d’un féminisme qui nous viendrait d’outre-atlantique ne tient pas debout, puisqu’il s’agit plutôt d’un retour aux sources qu’autre chose.

        Ensuite, je n’ai pas une position essentialiste: ce n’est pas le fait d’être une femme (d’un point de vue hormonal, par exemple) en soi qui joue sur votre légitimité. C’est le fait d’avoir l’expérience de faire partie d’un groupe dominé dans une société donnée (en l’occurrence, la nôtre). Ça pourrait être totalement différent dans une autre société.
        P-S: si c’est à moi que vous reprochiez cette « prétention à parler au nom des autres », je vous informe que je suis un homme.

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  2. Je voulais lire ce billet avec intérêt, étant donné que j’ai trouvé la vidéo du Raptor machin terrible de mauvaise foi, mais le début fait déjà tiquer. En quoi critique le système gouvernemental et le système capitaliste n’est-il pas pertinent ? Parce que sous votre plume, « marxiste » semble être une insulte, ou au moins décrédibilise le propos, prête à rire. Vous ne vous donnez même pas la peine de vous expliquer. La simple utilisation du terme « marxiste » semble faire argument, sans avoir besoin d’aller plus loin. Pourtant, je connais des personnes féministes (et j’en fais partie) farouchement anti-capitalistes qui, tout en critiquant le machisme de certains mouvements d’extrême gauche, travaille à l’intersectionnalité des luttes : féministe, libertaire, en reprenant certains concepts marxistes.
    Dommage, j’avais envie d’être d’accord avec vous, mais déjà vous me perdez !

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    1. Et vous avez tout à fait raison. A titre personnel, je ne critique aucunement les militants marxistes ou anti-capitalistes.

      Mon idée était de m’adresser au Raptor. Et vu sa vidéo précédente sur Nuit Debout (https://www.youtube.com/watch?v=n_yn2VrwMtc), je ne pense pas prendre trop de risques en disant que non seulement il n’est pas marxiste, mais qu’en plus il déteste les marxistes.

      Donc quand j’utilise « marxiste » ici, ce n’est pas une insulte pour moi. C’est une insulte pour lui.

      Mais je n’ai pas été clair effectivement, et j’en suis désolé.

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      1. Mouaip… je pense que le Raptor est un Marxiste, je dirais même anarchiste!

        Ceci dit, j’ai aussi pris ce passage comme étant une insulte envers cet idéologie. Il faudra faire attention à ça, car j’ai perdu motivatin à lire la suite après cet anti-communisme primaire :/ .

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  3. Je trouve que vous avez totalement raté le message et mal compris le style du Raptor. Il est volontairement dans l’excès d’insulte, de généralisation et d’amalgames parfois douteux.
    Et vous vous enfoncez en sortant des propos tels que « combien ici ont eu les couilles d’y aller: Techniquement, les « meufs » ont a priori plutôt des ovaires en fait(3). »
    « va falloir arrêter de répéter “Mon corps m’appartient”: Interdire à des féministes d’utiliser une phrase qu’elles ont créée… C’est aussi intelligent que de dire à un physicien: « Mais va falloir arrêter de parler d’Einstein à tout bout de champ, quoi ». » avec lequel je suis plutôt d’accord. Répeter un argument à toute les sauces ne le rend pas plus crédible (au contraire). Et parler d’Einstein est pertinent pour un physicien si il veut parler de l’effet photoélectrique par exemple mais totalement débile quand on parle de mécanique des fluides.

    En fait vous essayez de défendre une vidéo indéfendable. Alors certes le style du Raptor vous permet de rebondir sur quelques trucs avec plus ou moins de brio et de pertinence mais dans le fond de ses remarques et de sa critique il y a du vrai. Et c’est bien beau de critiquer la forme discutable de l’argumentaire du Raptor, mais libre à lui de faire comme bon lui semble, mais sur le fond de sa pensée il a raison sur le fait que cette vidéo était mal faites et l’argumentaire de Seclin un peu bancal.

    M’enfin.

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    1. Je sais bien qu’il est dans l’excès de façon volontaire. C’est d’autant plus drôle de lui répondre comme ça.

      Ce n’est pas totalement faux de dire que l’argumentation est un peu bancale, mais je pense que cela tient plus au format de la vidéo qu’au fond même de la pensée.

      Sur la question de « Mon corps m’appartient », je propose mon interprétation, mais je peux me tromper.

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    1. Je ne connais pas vraiment cette chaîne.
      Il faudrait qu’il y ait une de ses vidéos qui soit problématique en ce qui concerne les thématiques féministes et MOGAI. Si vous en avez une en tête, je vous en prie, envoyez-la moi, et je verrai.

      J’ai cru comprendre qu’il y avait une question d’utilisation d’enfants. Est-ce bien ça? Absol a fait une vidéo sur la question, si je ne m’abuse.

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  4. Pour information, la discrimation des filles existent bel et bien : http://www.ipp.eu/wp-content/uploads/2014/12/n14-notesIPP-decembre2014.pdf

    Et par ailleurs, quand le raptor parle de « bouger en ville » cela ne veut pas dire qu’il habite à la campagne mais, qu’il veut sortir dans la rue avec ses amis et à mon humble avis, tout le monde a déjà proposé cela. Je n’ai pas compris l’intérêt de décrédibiliser cette phrase alors que vous avez fait exprès de la comprendre à l’envers. Si c’est pour faire un « Troll » comme vous dites, cela est malvenu dans une explication tel que la votre qui tend à avoir le plus d’arguments possible, cela vous dessert

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    1. Article tout à fait intéressant, merci.
      Il faudrait voir si ces résultats sont réplicables au-delà de l’académie de Créteil.

      On remarquera que cette note-ci complète la votre: http://www.ipp.eu/wp-content/uploads/2014/12/n15-notesIPP-decembre2014.pdf

      Effectivement, les enseignants appliquent des politiques de discrimination positive pour les filles en mathématiques pour lutter contre les stéréotypes de genre qui conduisent à une auto-censure de celles-ci.
      On peut voir d’ailleurs que le même phénomène s’observe chez les hommes, qui se voient appliquer des politiques de discrimination positive dans des matières connotées comme étant « féminines », telles que les langues étrangères ou la littérature.

      Donc cela s’applique aux hommes et aux femmes et permet de réduire l’influence des stéréotypes de genre, ce qui me semble une bonne chose.

      P-S: vous n’avez pas tort sur le fait de « bouger en ville », effectivement.

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  5. J’ai commencé à lire, et il y a 0 arguments, juste de simple attaques gratuites sur Raptor, un gars qui essaye de jouer la fine plume avec des grand mots, en utilisant « gamin » pour se donner une sorte de pseudo-supériorité.
    Devrais-je argumenter comme vous l’avez fait, prendre des petits bouts de phrase et ajouter une réponse salée puis osé prétendre que ce sont des arguments? Si je commence à faire ça on en a pas fini, la bêtise qu’est cet argumentaire est assez long..

    Je prends un morceau au hasard:

    « Certaines se font mater et violer, d’autres se font casser la gueule et voler: Et il ne t’est jamais venu à l’esprit que lorsque les hommes se faisaient racketter et voler, les femmes se faisaient racketter, voler, mater et violer? Je dis ça comme ça, voilà. » => Et bien écoute, plutôt que d’utiliser de grand mots au hasard, pourquoi ne pas utiliser ton cerveau? c’est exactement ce qu’essaye de dire Raptor: tout le monde prend cher, femme ou homme. Un enfant pourrait comprendre une phrase aussi simple.. Ou alors tu essaye de dire que les problèmes des femmes sont plus important que les problèmes des hommes ?
    On est pour l’égalité ou la supériorité? Faut savoir hein..

    Et enfaite il y a plein de points où le Raptor, et bien va dans le même sens que vous, comme pour le coup de la grammaire. Et concrètement, vous lui reprochez de faire la même chose que Marion Seclin – à plusieurs reprises (répétition, généralisation d’un des sexes, et bien d’autres) – serait-ce en réalité une critique du féminisme moderne et de Marion Seclin en particulier au final, ou serions nous à l’apogée de la bêtise humaine et lacune intellectuelle?

    Je suis curieux.

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    1. Le Raptor dit que tout le monde prend cher. Et c’est vrai. Je dis juste que les femmes prennent encore plus cher que les hommes. Ca ne veut pas dire qu’il n’y a pas de souffrance masculine.

      La question de l’égalité ou de la supériorité se pose lorsque l’on cherche des solutions. Et je suis pour l’égalité. Mais elle ne se pose pas pour l’analyse de la situation présente: les femmes ont en règle générale plus de problèmes que les hommes.

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  6. Bonjour, j’ai lu ce billet et comment dire c’est médiocre, au final tu ne fais que de l’ad hominem et n’a aucun arguments ce qui est ironique vu que tu reproche au raptor d’en faire autant, le comble étant que tu lui reproches en plus de faire ce qu’il reproche à Marion Seclin, rajoute à cela que tu suintes la mauvaise foie, c’est dommage mais enfin ça arrive. Je rajoute de plus que bien que tu ne le croira surement pas je ne suis pas un des fanboy du raptor je me rend juste compte du niveau de ce billet au même titre que je me rend compte de celui du raptor ou de Seclin

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  7. Je rajouterais, par rapport à votre conclusion:

    « Dans le doute, n’aborde pas. Réserve-toi pour les lieux dédiés à ça. Et manque de chance, tu es toujours dans le doute devant une inconnue. Donc il vaut mieux que tu t‘abstiennes: c’est mieux pour elle et c’est mieux pour toi (pense à ton pauvre ego, pas la peine de le martyriser violemment). »

    Donc littéralement le prochain projet c’est d’interdire la communication entre 2 inconnus au cas où l’un des deux est une petite capricieuse qui a pas envie de parler à quelqu’un du sexe opposé? Ah et vous parlez des insultes du Raptor, mais concrètement ce que vous faites c’est exactement pareil, en moins cru et un poil plus subtil, mais concrètement les « gamins », « pense à ton pauvre ego », etc.
    J’ai bien rigolé en tout cas pendant ces 32 pages de piques.

    « Alors oui, on ne peut pas savoir à l’avance. Peut-être que la personne en face sera flattée d’être abordée par un inconnu qui lui fait un compliment dans la rue. ou peut-être pas. C’est pour ça que je t’ai parlé de réduire les risques: parce que c’est tout ce que nous pouvons faire. Mais c’est déjà beaucoup. »

    Réduire les risques de quoi ? Quels risques? Vous en parlez comme si c’était quelque chose de grave que 2 humains échange quelques paroles. C’est vraiment ce que vous pensez? Que les êtres humains ne devraient plus interagir entre eux parce qu’il y a une communauté minoritaire qui se sent « harcelé » lorsque l’on communique avec?

    C’est d’un ridicule.. J’ai la chance de ne pas encore avoir rencontré de femmes trouvant Marion Seclin saine d’esprit. Ni d’homme d’ailleurs. Je me demande si quelqu’un de stable émotionnellement est d’accord avec le pseudo féminisme moderne d’ailleurs. C’est dommage parce que pendant que des femmes et hommes se battent pour avancer, nous avons la petite bourgeoise qui se plaint qu’on lui dise qu’elle est jolie dans la rue et trouve inconcevable que 2 êtres humains inconnus s’adresse la parole, et en a fait son combat. Et ça, cela donne une très mauvaise image du féminisme, et met des bâtons dans les roues de ceux qui ont vraiment quelque chose à défendre.

    J’essaye de me retenir de rire tellement la situation est d’un ridicule.

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    1. Vous résumez la communication à la communication verbale. Or c’est une vision réductrice (et ce n’est pas moi qui l’invente: https://fr.wikipedia.org/wiki/Communication_non_verbale).
      En l’occurrence, je ne parle pas d’interdire la communication, mais de la réserver aux endroits adaptés (ce qu’on fait bien souvent dans la vie: personne n’interrompra une réunion au bureau pour chanter du metal, même en voulant communiquer tout son amour pour ce genre).

      Ah oui, oui, je l’insulte, je le précise même dès le début: j’essayais d’imiter son style.

      Quant à l’image du féminisme… Ma foi, j’invite tous ceux qui estiment que le féminisme a besoin d’une autre image à s’engager dans ce combat et à lutter de la façon qui leur semble la plus efficace. Rien ne vaut une preuve par l’exemple.

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    2. Hello B.W, pour te répondre, une discussion (approximative ça fait 1 mois ou deux) lors d’un covoiturage avec un conducteur, et une autre passagère, on discute sexisme et notamment du harcèlement de rue.

      Le conducteur me répond alors quelque chose du style « oui enfin on va pas non plus interdire les discussions entre les gens (il rapproche alors ça de l’individualisme de notre société, voilà pourquoi j’y ai pensé tant ton commentaire m’y fait penser), et faire culpabiliser tout le monde je suis pas un harceleur quand j’aborde une nana comme ça ».
      Du coup je lui ai demandé « Quand c’est la dernière fois que tu as discuté comme ça dans la rue out of nowhere, avec un homme inconnu ? Moi, je ne sais pas, quasiment jamais, ou pour demander l’heure, et toi aussi, certainement. On ne discute pas juste comme ça l’air de rien, il y a toujours une idée derrière, précisément parce que c’est une femme, et sachant que cette femme a probablement essuyé 4-5 mecs relous dans la journée, du sifflement au regard insistant en passant par le « t’es charmante » (oui merci je sais, j’ai aussi des études et un sens de l’humour en plus d’être charmante… ) hé bien ouais tu ne sera vu que comme un relou de plus. »
      Le mec était pas très convaincu, puis l’autre passagère prend la parole et explique qu’en effet, à un moment donné quand tu as eu plusieurs interruptions dans ta marche/écoute de musique/matage de portable/lecture de livre, ben oui, t’as envie de dire « je peux passer merci ? » quand un mec t’aborde out of nowhere…
      Je parle pas non plus de ma copine qui ya 3 semaines me parle du mec qui la suit. La suit, après qu’elle lui ai dit qu’elle a un mec, ce à quoi il a répondu que « c’est pas grave on peut discuter » => « oui mais j’ai pas envie » et il a continué à la suivre en lui disant que ça va c’est bon on pet discuter quand même. Normal. Personne ne m’adresse la parole dans la rue comme ça.. je dois sentir, ou bien j’ai pas de seins, peut être…
      L’idée n’est pas d’interdire la communication verbale dans la rue, mais que lorsqu’une personne est occupée elle n’a pas envie d’être interrompue. Et lorsqu’elle répond qu’elle n’a pas que ça à faire, qu’elle n’a pas envie de parler, qu’elle est occupée… quelle que soit la raison, les seules réactions en face devraient être « Désolé de vous avoir dérangée, au revoir / ok, au revoir / Bonne journée » et non pas une insulte quelconque quand le mec en face est vexé de voir son courage (pour reprendre le raptor) anéanti. Quand je marche dans la rue j’ai la liberté de ne pas me faire importuner (outre les pétitions, et autres signatures de conneries), pas de raison que les femmes subissent ça ET se fassent insulter en plus si elles expriment leur envie d’être tranquille.

      Et quand à ce que tu dis :
      « tout le monde prend cher, femme ou homme. Un enfant pourrait comprendre une phrase aussi simple.. Ou alors tu essaye de dire que les problèmes des femmes sont plus important que les problèmes des hommes ?
      On est pour l’égalité ou la supériorité? Faut savoir hein.. »
      Alors, en tant qu’homme, dans la rue, je risque de me faire voler et/ou taper. Le viol d’un homme existe mais est hyper rare en comparaison donc je le prendrai pas en compte.
      Une femme a le risque de se faire voler, taper, ET mater et violer. Quand j’ai vu la vidéo du raptor j’ai bondi en mode mais WTF, genre c’est chacun son clan quoi, t’as vol et tabassage pour les mecs et viol et matage de l’autre côté pour les nanas ? C’est pas sérieux du tout, les femmes ont plus de risques car pas les même risques.
      Cordialement, je n’essaie pas de m’imposer, juste d’apporter ma pierre au débat 😉

      @avenirsindefinis, j’ai trouvé ta page sur la celle de la dissection du raptor dissident de tchokapix, j’avoue ne pas avoir lu tout le script (tu t’es amusé dis..), mais je partage ton opinion, de ce que j’ai pu lire, et tes réponses au raptor m’ont bien fait rire.. ;). J’ai vu le post White Knight, ça a l’air de voler haut sur Jvc par moments… Allez bonne nuit !

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  8. On se calme.
    Bordel un billet de 32 pages disséquant la vidéo d’un troll haineux autoproclamé dans le but de défendre une personne aux idées extrêmes comme interdire voire pénaliser la drague dans la rue.
    Merde ! Dans je sais pas combien de pays qui n’ont pas internet, de salons de thé et tout le bordel tu crois que les gens font COMMENT pour se rencontrer ?
    32 pages ! Mais stop la névrose.

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  9. Effectivement ce qui est navrant c’est d’avoir passé autant de temps à commenter une vidéo 1) sans en comprendre l’essence 2) sans apporter une quelconque plus-value… (si ce n’est les liens vers des articles)
    Le plus dramatique à mon très humble avis c’est d’avoir loupé l’idée que le Raptor essaie justement de montrer que les vidéos comme celle de Madame Seclin (t’as vu j’ai appris à ne plus dire Mademoiselle…) nuisent plus aux féminismes actuels qu’elles ne le font avancer. Son ton, son absence d’arguments, son absence de rigueur, ses maladresses… ça fait beaucoup pour quelqu’un qui donne la leçon… Le Raptor ne fait que tirer à boulets rouges sur des postures, des pseudos engagées, des gens persuadés qu’ils ont quelque chose à dire… Le défouloir qui en résulte sera au goût de qui veut mais je ne vois vraiment pas en quoi sa vidéo nécessiterait d’être plus attaquée ce que celle de M. Seclin étant donné qu’en plus, s’il ne donne pas de statistiques sur la « drague/harcèlement/vocifération » (rayer la mention inutile) de rue, elle non plus. il n’est qu’en réaction face à un propos qui se dit dénonciateur et pédagogique et qui ne s’appuie que sur des ressentis, des tweets, de l’ironie mal placée et sur une absence totale de rigueur et de précision…
    Bref, il me semble même que vous « combattez » celui qui serait presque plus proche des idées que vous prônez que cette youtubeuse en carton (oups, une insulte mal placée).
    Je vous aurais bien suggéré de faire le même travail sur sa vidéo suivante (où il en rajoute une couche sur Madame Seclin et ses indignations à géométrie variable…) mais comme celle à laquelle vous consacrez un article, elle a été retirée par Youtube… Sans doute parce qu’elle n’apporte aucune idée ou zéro argument, ça ne peut être que cela…

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    1. Au moins, si les liens vers les articles peuvent être utiles, c’est déjà bien.

      Le problème du raisonnement qui consiste à dire « on dénonce des dérives », alors qu’on n’est soi-même pas engagé dans un mouvement, c’est que c’est contre-productif. Le Raptor Dissident n’aime pas les nouvelles orientations prises par les mouvements féministes? Très bien: qu’il s’engage dans le féminisme et qu’il fasse les choses à sa manière. Ce sera beaucoup plus intéressant que de passer son temps à tirer dans les pattes des autres.
      En outre, je veux bien qu’il essaie de montrer que les mouvements actuels sont moins bien que les mouvements passés… mais il ne connaît visiblement pas du tout l’histoire des mouvements féministes, donc ses comparaisons ne sont pas valables (je pense qu’il blêmirait en lisant le Scum Manifesto, qui est bien plus agressif que les vidéos de Marion Seclin, et qui date de 1967).

      Il y a extrêmement peu d’enquêtes sur le harcèlement de rue, d’où la difficulté de sortir des chiffres. Cet article montre les résultats de deux enquêtes: http://www.terrafemina.com/article/harcelement-de-rue-65-des-francaises-abordees-avant-l-age-de-15-ans_a273710/1
      Cependant, il est possible d’attaquer la méthodologie de ces enquêtes, notamment sur la taille des échantillons, j’en ai conscience. Mais ce sont les seules statistiques disponibles pour le moment.

      Vous parlez de sa vidéo sur les SJW, je présume? Je l’ai vue (des internautes l’ont réuploadée sur YouTube – et nous savons bien que les vidéos sur YouTube sont retirées à partir d’un certain nombre de signalements. Or une partie des SJW est bien organisée sur ce plan-là: ceci explique cela). Je n’y répondrai a priori pas, pour deux raisons: d’une part, je n’ai pas envie de construire ce blog uniquement par rapport au Raptor, ce serait juste un moyen de surfer sur sa popularité, ce qui ne m’intéresse pas. D’autre part, je ne considère pas qu’on puisse faire une politique de l’exemple: s’appuyer sur un seul exemple pour tout décrédibiliser ne me paraît pas fécond. En cela, la vidéo du Raptor ne me semble pas intéressante.
      En outre, il y a déjà deux excellents articles sur la question des SJW: je les ai cités (et j’ai mis leurs liens) dans mon dernier article sur la question de la culpabilité masculine. https://passesindelicats.wordpress.com/2016/09/25/billet-dhumeur-sur-la-culpabilite-masculine/
      De même, même si je ne suis pas du tout d’accord avec ses propos, l’Odieux Connard en avait fait une critique bien plus intéressante que le Raptor.

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      1. Merci de votre réponse.
        On ne se mettra donc pas d’accord. Je ne pense pas pour ma part que le Raptor reproche une quelconque agressivité aux féministes ou qu’il leur dénie un droit de faire la leçon. Ce qu’il souligne c’est encore une fois la posture. Il essaie de démontrer que M. Seclin se dit féministe mais n’est qu’une militante du café du commerce, une youtubeuse de comptoir. Et ce qui me navre c’est que vous passez pas mal de temps à réagir sur ses propos à lui, qui cherchent à provoquer et à réagir (je ne pense pas pour le coup que ce soit « contre productif » comme vous dites, en revanche inutile peut-être…), alors que la vidéo dont il se moque est bien plus problématique. Vous choisissez d’attaquer le potache qui, je crois, démontre que le sujet est trop sérieux pour être accaparé par des idiots. Vous lui reprochez de ne rien connaître au féminisme mais M. Seclin est-elle elle-même légitime sur ce point ? Sous prétexte qu’elle se positionne comme féministe et qu’elle a, j’le reconnais, un certain mérite à en faire la promotion, celui lui donne immédiatement crédit à vos yeux ? Qui convainc-t-elle à part sa bande de followers ? Du coup elle ne fait ni œuvre de pédagogie (puisqu’elle ne saura convaincre les mous du bulbe qui crient à l’agression féministe justement) ni n’apporte un quelconque discours construit ou un simple argument intéressant. En cela, c’est plutôt elle qui est contre-productive… J’aurais aimé que vous insistiez plus sur ses maladresses à elle que sur les écarts d’un mec qui, me semble-t-il, cherche plutôt à évacuer ceux qu’il considère comme les fumistes du débat public. Quand même le « c’est pas à toi de décider quand tu fais un compliment à une femme » est au-delà du risible. Je conçois que l’insistance du Raptor sur l' »hystérie » des féministes 2.0 fasse tristement résonance avec les habituelles litanies pour discréditer les mouvements mais à l’heure des réseaux sociaux où, comme vous le dites, les mots ont un sens, les gens comme M. Seclin me semble plus proche d’être le problème que la solution.

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      2. Mais nous pouvons fort heureusement convenir d’un désaccord sans en venir aux mains.

        Vous posez une bonne question: comment savoir qui est féministe et qui ne l’est pas? Personnellement, je n’ai pas vraiment de légitimité à dire qui l’est et qui ne l’est pas. Marion Seclin affirme l’être, le Raptor ne dit pas l’être: ça les positionne.

        Est-ce qu’on peut tout dire sous prétexte d’être féministe? Non. Les courants sont extrêmement diversifiés, et par exemple, je m’oppose totalement aux positions du mouvement féministe radical (ou « radfem ». C’est leur dénomination usuelle, ce n’est pas moi qui le qualifie de « radical »). Ça ne veut pas dire autant que je ne le considère pas comme féministe.

        Le fait est que Marion Seclin n’est pas la seule féministe à aborder ce sujet, ce qui fait que je suis plus enclin à penser qu’elle ne dit pas n’importe quoi. Le problème est que le format vidéo donne essentiellement les résultats d’un raisonnement, bien plus que le raisonnement lui-même, ce qui peut paraître abrupt. L’avantage, c’est que ça touche beaucoup de gens. Donc est-ce forcément contre-productif? J’ai du mal à juger.
        Mais heureusement, on trouve beaucoup d’écrits sur le sujet:
        – Des témoignages, afin d’avoir une première approche du problème, celle de l’expérience: http://harcelementderue.tumblr.com/ et https://cafaitgenre.org/2014/04/20/harcelement-de-rue-temoignage/
        – Une première analyse du problème: http://www.crepegeorgette.com/2012/08/07/le-silence-de-lagression/

        A partir de là, sachant qu’il y a un problème, quelles sont les solutions? Tout le monde ne propose pas les mêmes. J’en ai relevé trois principales.
        – Le passage par la loi: https://feminicites.wordpress.com/2016/02/10/feminicites-sengage-contre-le-harcelement-sexiste/
        – Le changement de comportement des femmes. Ici, par exemple: http://www.terrafemina.com/article/13-facons-creatives-de-reagir-au-harcelement-de-rue_a276370/1
        – Le changement de comportement des hommes, qui représentent la grande majorité des agresseurs: c’est l’approche de Marion Seclin, qui se propose de travailler sur les mentalités et la sensibilisation.

        Mais si vous avez d’autres propositions à faire pour résoudre le problème (pas le nier, le résoudre), je serais ravi de les écouter.

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      3. J’ai trouvé votre argumentaire excellent, je pense malgré tout qu’il y a des dérives de l’utilisation de mots polysémiques (comme féminisme) non pas par vous, mais pas les usagers de ce mot.

        De même, je pense que Séclin a fait des raccourcis et erreurs…
        (Faute au format ? Faute au fait que ces raccourcis et erreurs sont devenue classique et lassant. Que les amalgames, ne pas définir, tout en affirmant haut et fort des « vérités ». C’est devenue la norme ? Le format « Raptor explique nous en disant de la merde », c’est effectivement la norme. Le raptor, le fait en plus ridicule, et c’est plutôt drôle à cause de ça. (#Défenseur du diseur de merde))
        Mais pourquoi ne s’attaque-t-il pas aussi à des vidéos de « thug » « male viril » ? Oui, c’est pas un féministe. Je le regrette, mais ça ne fait pas de se qu’il décrit (mal) des faussetés. (ni des vérités, ok)
        Qu’une vidéo se moque de ces raccourcis en faisant des raccourcis… Marion ne prouve rien, Le Raptor non plus, et bah toi non plus en faite. (ou alors seulement que Raptor dit de la merde, et c’est bien argumenté… Quel surprise ^^.)

        Du coup, je pense toujours que l’espace publique et le meilleur endroit pour s’autoriser de déranger les gens : Les manifestations en sont de bon exemple. Que ça ne soit pas agréable, c’est compréhensible. Et un libertaire dirait que l’offre et la demande régissent le marché.

        On peut se poser donc la question de l’éducation, problème de cadre éducatif maternaliste (souvent engranger par des femmes soumises au règle patriarcal) et autoritariste (homme)
        Les déterminants de l’emprise physique et psychologie…
        Le rapport au manque d’accès à la culture, l’exposition aux violences…
        La frustration sexuelle (la misère sexuelle), aujourd’hui, réussir sentimentalement c’est s’épanouir sur le physique (Merci à la fausse libération sexuelle qui hyper-sexualise les petites filles, qui les complexes et qui les obsèdent)
        Et il suffi de voir les pubs et youtube pour se rendre compte des quelques effets pervers de nos sociétés qui s’éloigne d’un féminisme pour un autre (que je trouve personnellement pas tellement mieux).
        https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Hobbit_(South_Park) (Culte du physique des stars, avec un final à faire chialer un féministe comme moi.)

        Des couples se sont formés dans la rue, de moins en moins, le mélange culturelle y prend un coup… La lutte des classes c’est fini ! Mais je comprend que la violence dans la rue doit diminuer, tampi si des choses se perde (et j’espère reviendront je le crois quand la rue sera plus un lieu de guerre)

        « Et puis, c’est pas à toi de décider où et quand tu fais un compliment à une inconnue. »
        Pourquoi ?
        Et l’extrait montrant Séclin, accepter le compliment avec plaisir sur un plateau montre « a priori » que même elle accepte les compliments. (Ok c’est un plateau et pas la rue, mais pourtant l’argumentaire marche aussi. (et même plus… des milliers de gens observent le commentateur et sa proie, sa influence… etc))
        Pas contre, on pourrait préciser : Tes compliments peuvent te sembler sympa mais pas forcément (Donc attention, attention, ne veut pas dire interdit)…
        Complimenter une femme, ça l’a ramène à son physique (CE QUE FONT LES MEDIAS TOUS), on nous dit de pas faire, les femmes le font TOUT LE TEMPS et BIEN PLUS QUE LES HOMMES. (Je me maquille, oh, tu es belle, elle est canon, ça lui va tellement bien, ouah la pute là, c’est vulgaire non ? etc)
        Alors pourquoi parler au putin d’homme, quand c’est un putin de problème de société dans son ENSEMBLE.

        On en arrive à la problèmatique, je suis féministe et je suis pas misandre. Et bah il y a des féministes misandre (se qui n’a aucun sens sémiologiquement) mais pourtant c’est le cas. Une petite pensée à Christina Hoff Sommers qui inspire la façon dont je vois le féminisme aujourd’hui (avec les hommes et pas contre)
        Et clairement, avec Séclin, je me sent pas concerner, au mieux… Je suis un vieux machiste qui a une vision féministe rétrograde qui pense que la société doit changer alors qu’en faite c’est juste les hommes qui font de la merde a faire des compliments. (Je sais que j’ai fait un sophisme, je m’en excuse, j’ai appuyé le trait pour essayer de me faire comprendre, et je connais les contre arguments contre cette phrase, pas besoin d’en débattre, accordons nous sur un désaccord vis à vis de cela.)

        Bref, expliquer le point de vue de Séclin et argumenté pour elle en biaisant les choses (ne tentant pas d’expliquer et d’argumenter le point de vue du Raptor), fait de vous quelqu’un avec un avis bien défendu mais qui n’a pas fait l’effort intellectuel que de justifier un point de vue en pesant le pour et le contre.
        Ca fait de vous quelqu’un qui a aussi une poutre même si vous analysez parfaitement celle des autres.

        Vous ignorez les arguments sous entendu du Raptor comme Raptor ignore ceux de Séclin. Balle au centre ? Non. Le jeu n’est plus drôle… Le raptor cherche des vues, de la thune… Comme Séclin… Que chercher vous ? Moi, juste l’analyse froide et critique. Malheureusement, je ne l’ai trouvé que partiellement, et j’exprime juste ma frustration de cela.

        Vous défendez Séclin et son point de vue : « mon corps m’appartient » mais il faut comprendre le sens que « JE » lui donne et pas celui que « TU » comprends… Et qui se doit de comprend qui ? Personne ne cherche à comprendre personne… Et ça c’est justement : Le point de vue du Raptor : « qu’on ressort à toutes les sauces ». C’est l’argument qui n’a pas de sens et donc de force :

        Perdre le sens des mots, n’est ce pas perdre sa liberté ? Les féminismes sont un exemple flagrant de cette question philosophique… Mais on pourrait citer « Je suis charlie ». Populisme… etc…

        Il faut se réapproprier le sens des mots. Cela permettra d’éviter de laisser à l’autre le choix du sens qu’il voudra y mettre.

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  10. Je suis totalement d’accord avec Jo et ne m’aventurerai pas sur un argumentaire sachant qu’il vient de le faire bien mieux que je ne le pourrais.

    Je crois que tu n’as pas compris l’essence du Raptor. C’est de l’hyperbole méchante, critique et cynique. C’est un objet médiatique (dans le sens de la maquette et du support) et non une thèse universitaire.

    Le fait même que des personnes comme toi prennent la peine de décortiquer 9 minutes de vidéos sur 32 pages d’analyses, ou encore que la plupart de ses vidéos aient été censuré montre à mon goût qu’il met bien le curseur là ou ça gêne. Là était son but premier, et uniquement. Et ça semble réussi.

    Cordialement.

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    1. Ah, mais est-ce forcément moi qui n’ai pas compris l’essence du Raptor? Je m’intéresse à ce qu’il fait, pas à ses intentions. Or ses vidéos sont violentes: c’est peut-être de l’hyperbole, mais ça n’enlève rien à la violence ressentie. Or dans un message, l’intention de l’émetteur n’a pas toute la légitimité. L’interprétation qu’en fait le récepteur compte aussi.
      Est-ce que, parce qu’on n’est pas d’accord avec ce que dit le Raptor, c’est forcément parce qu’on l’a mal compris? Est-ce que ça ne signifierait pas que tout le monde ne pourrait être que d’accord avec le Raptor s’il s’exprimait de façon plus posée? Mais si c’était le cas, pourquoi ne le fait-il pas?

      Quant à la censure, ma foi, Mathieu Sommet vient d’y répondre de façon très efficace: https://www.youtube.com/watch?v=N3UkaCQScwo&feature=youtu.be

      Cordialement.

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  11. Bonjour,

    Je n’ai pas tout lu mais j’ai regardé les deux vidéos, et j’écris ce commentaire pour vous éclairer sur les motivations de la vidéo du Raptor.
    La forme est en effet très différente mais surtout l’objectif n’est pas la même nous ne pouvons donc pas les opposer.
    La vidéo de Séclin est sur le harcèlement de rue, ce que tous le monde déplore même le Raptor.
    La vidéo du Raptor est une analyse de la vidéo de Séclin qui démonte son argumentaire, chose possible car la vidéo de Séclin simplifie beaucoup et crée des amalgames dans le but de faire adhérer le plus de monde à une thèse.

    BREF tous ça pour vous dire que le but des vidéos de Raptor n’est pas d’opposer une idéologie à une autre ni même de critiquer une idéologie, mais bien de critiquer la forme de l’argumentaire permettant de rallier des personnes à une thèse.

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    1. Je ne nie pas que cela puisse être son but. Le problème est que dans les faits, il n’y parvient pas.
      Le Raptor, même s’il n’en est peut-être pas conscient, effectue une critique idéologique. Et cette dernière se voit relativement bien dans le choix des termes qu’il utilise. Il pourra le nier, mais la vision de l’homme viril, sans peur et sans reproche, qu’il défend, est tout à fait orientée idéologiquement.

      Et le fait de reconnaître qu’il y a une idéologie n’empêche pas forcément d’être d’accord ou non avec quelqu’un, par ailleurs. Je sais que c’est devenu un gros mot, mais dans les faits, tout le monde est parcouru de schèmes idéologiques qui structurent la vision du monde.

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  12. Personnelement toutes les femmes qui se plaignent de se faire draguer tout le temps ou de recevoir trop de compliments, je souhaite qu’elles ne se fassent plus jamais draguer du tout et qu’elles ne reçoivent plus du tout de compliments sur leur physique et aussi qu’elles se mettent à draguer et qu’elles se prennent de gros rateaux genre « non mais laisse moi tranquille je t’ai rien demandé! ».
    Il y a peu de femmes qui draguent parce que quand on se fait draguer plusieurs fois par jour ça sert à rien.
    Si un mec se fait draguer plusieurs fois par jour il va pas draguer non plus.
    Pour la drague de rue, il faut faire simple: si 99,99% des femmes n’aiment pas se faire draguer dans la rue et bien plus aucun mec ne draguerait dans la rue. Parce que ça ne servirait à rien, s’il y a toujours des mecs qui draguent dans la rue ça veut dire que ça marche et que ça plaît à des femmes. Donc dire qu’il faut draguer forcément ailleurs ça n’a pas de sens. Tant que ça peut marcher (tant que ça plaira à des femmes) et bien des mecs dragueront dans la rue.
    Un autre truc que je trouve bête c’est ceux qui disent qu’il faudrait que les mecs draguent « différement ». le but des mecs qui draguent c’est d’avoir du succès, donc si leur manière de faire déplaisait aux femmes ils changeraient d’eux mêmes pour être plus efficaces,non?

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  13. j’ai lu votre billet d’humeur et j’ai apprécié votre analyse et votre façon de casser les arguments de ce raptor qui cherche à décrédibiliser un problème que connaissent les femmes (et je sais de quoi je parle étant donné que j’écoute beaucoup mes amies parler de ce problème qu’est le harcèlement de rue). J’ai écouté la vidéo (regarder ne sert rien il n’y a rien à regarder) en question et la seule chose dont je me souviens ‘est le ton agressif et les insultes (un peu comme valek noraj) qui sont juste une marque de fabrique de ces types.
    Le plus drôle c’est de lire les commentaires en dessous de votre billet et de voir « ouais mais tu ne connais pas le raptor dissident c’est une plume fine » « c’est un texte d’une intelligence » oui enfin un texte intelligent, une plume fine (avec de l’humour si possible) il en existe déjà et depuis bien plus longtemps qu’un gars qui fait des vidéos tous les 15 du mois.
    Même si votre billet est long, je le trouve plus argumenté et construit que ce dinosaure.
    Donc merci de détruire les argumentaires que « la drague de rue c’est pas du harcèlement » et « un compliment fait par un random guy dans les rues c’est bien pour les femmes ». Je vous conseille de voir les vidéos de Marinette femme et féminisme où elle évoque son histoire de harcèlement sur son lieu de travail ou une vidéo de Solange te.parle où elle récite les insultes et remarques misogynes de certains commentaires.
    Même si je ne suis pas un grand admirateur de Marion Seclin, les vidéos qu’elle a sorti sur ces sujets sont intéressants et utiles.

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  14. Il faut n’avoir que ça à faire, perdre son temps à pondre un commentaire qui ne fait que paraphraser une vidéo, sous prétexte qu’un méchant haineux s’en prend à la chef de file d’un néo féminisme à côté de la plaque…
    C’est un luxe que vous pouvez vous permettre, grand bien vous en fasse.

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  15. Article sans arguments, raisonnement infantile.
    Le féminisme est bien une perte de temps pure et dure.
    Répondre a des arguments sourcés et solides tels que ceux du raptor par des phrases de gamins, je trouve ça ridicule, aussi ridicule que la répartie de Seclin, c’est a dire le néant total.
    Les féministes, bougez vous et allez apprendre a vous défendre si c’est ça votre problème, de tout temps ça a toujours été chacun pour sa peau, (c’est un constat sur notre nature humaine) il ne faut pas compter que sur l’illusion de sécurité dans notre société, il faut incarner cette sécurité, et si vous ne savez pas vous défendre vous ne pourrez pas défendre quelqu’un d’autre a votre tours. Prenez ça avec du recul mais le raptor a tout a fait raison. Il faut arrêter de blâmer les autres a cause de sa propre faiblesse.
    Les filles, on arrête de se faire passer pour des victimes et on mets un bon coup de collier sur le tatamis. Je ne connais d’ailleurs personnellement aucune sportive dans le milieu des sports extrêmes qui soutienne la cause féministe tellement ça les fait rire. Vous, féministes, pronez si ce n’est éxigez une égalité des sexes sans faire aucun effort pour y parvenir.
    Blâmer des dragueurs ne sert a rien et encore plus insultant : les mettre dans le même sac que des racailles.
    Si vous voulez, chères féministes, êtres prises au sérieux par les hommes alors stopper les femens et votre victimisation constante et soyez des femmes fortes au lieu de vouloir vous comporter comme des hommes (paradoxalement en pleurnichant donc) sans y parvenir.
    Les hommes doivent respecter les femmes, l’inverse est aussi vrai. Si un jour hommes et femmes ne se parlent plus, cherchez du côté des féministes pour savoir qui blâmer.

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    1. Bien sûr que cet article est une gaminerie. C’était puéril d’essayer de répondre au Raptor en reprenant son (mauvais) style. Mais je ne vous cache pas que c’était un bon défoulement.

      En revanche, je veux bien que vous m’explicitiez en quoi les arguments du Raptor sont « sourcés » et « solides ». Je crois avoir passé suffisamment de temps à écrire pour avoir montré certaines de ses erreurs flagrantes (comme son approche de l’histoire des mouvements féministes).

      Je suis désolé, mais je n’accroche définitivement pas à votre vision de la vie. Personnellement, je ne crois pas qu’il existe une « nature humaine », ni qu’on puisse dire que quelque chose existe « de tous temps » dans l’histoire humaine. Surtout que le « chacun pour sa peau » ignore totalement les faits sociaux que sont le groupe, l’action collective ou la société.

      Voyons, personne n’a dit ça: tous les dragueurs ne sont pas des « racailles ». En revanche, oui, ces dragueurs-là, qui abordent inopinément des femmes dans la rue sans leur demander leur avis, ce sont bien des « racailles ». Je vous avoue que je ne les plains pas trop s’ils se sentent insultés.

      Par ailleurs et pour information, les Femen sont un peu passées de mode, dans les mouvements féministes.

      Ah, au fait, je suis un homme, alors votre couplet sur les efforts et les victimes, ça ne me parle pas trop, désolé…

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  16. Argumentaire complètement creux. Je suis désolée mais lorsque je lis, j’ai l’impression que vous faites exprès d’utiliser des mots un peu compliqués pour donner plus de crédibilité à vos propos, ou plus exactement pour masquer le fait que vous n’avez pas vraiment d’arguments.

    Car oui, c’est facile de reprendre des petits bouts de phrase et d’ajouter à côté une remarque du genre « des femmes qui s’entre-sucent c’est anatomiquement impossible ». C’est une façon de s’exprimer que le Raptor choisit exprès pour susciter plus de réaction. C’est comme une fille qui dit « me casse pas les couilles ». Je pense que le Raptor sait très bien qu’on ne peut pas vraiment « sucer » une femme. Vous dites que vous savez qu’il emploie des termes grossiers et que vous avez essayé de l’imiter, seulement, à vous lire on croirait le contraire.

    Vous dites aussi qu’il ne maîtrise pas son sujet, car il ne connaît pas assez bien l’histoire du féminisme. Or il me semble que l’objet de sa vidéo sur Marion Seclin porte sur son argumentaire, sa façon qu’elle a de faire des amalgames à tout va. Il n’était donc pas nécessaire pour lui de nous faire un cours d’histoire, ce qui aurait pris un certain temps, et donc les gens n’auraient pas regardé la vidéo.

    Par ailleurs, vous dites que l’hystérie des féministes n’est pas une nouveauté (corrigez-moi si je me trompe). Sauf qu’à l’époque où on traitant d’hystériques des femmes qui luttaient pour des vraies causes, comme le droit de vote, c’était mal convenu vu que, comme je le dis, cette cause avait de l’intérêt. Mais aujourd’hui (je suis une fille pourtant), les « combats » (ou, devrais-je dire, délires) féministes prennent des proportions aberrantes.

    Certes, au sens pathologique du terme, hystérie n’est pas le mot adéquat. Mais étant donné que l’un des symptômes de cette pathologie est le théâtralisme, donc l’objectif de se faire remarquer, cela colle bien avec le féminisme actuel. Le manspreading dans les transports, avec cette histoire d’angle d’ouverture des jambes des hommes qui, anatomiquement, sont plus confortablement installés que s’ils croisaient les jambes comme les femmes (qui se font du mal aussi d’ailleurs), ou simplement parce qu’ils sont grands, est affligeant. Si on attaque les hommes là-dessus, alors moi je peux attaquer les femmes sur leur poitrines trop visibles même avec des vêtements ! Je pourrais leur dire qu’elles n’ont qu’à se faire retirer leurs seins ! Voyez bien que c’est insensé.
    Et pour le harcèlement de rue, c’est à croire que les femmes pensent que le monde extérieur est une jungle, une forêt ou un océan, bref un milieu sauvage et hostile, dans lequel les hommes, dès qu’ils mettent un pied dehors, ont une envie irrépressible de séduire une « femelle » (j’emploie ce terme exprès) dans l’optique d’avoir un rapport avec. Comme s’ils étaient des animaux, en somme. Et c’est aussi à croire que les femmes, dès qu’elles sortent dans la rue, illuminent les rues de leur beauté éclatante, car, il faut le dire, on ne croise que des canons de beauté…
    A force de vouloir empêcher les hommes de s’approcher des femmes dans la rue sous prétexte que TOUTES les femmes en ont marre d’être draguées (je n’ai jamais été harcelée, ni draguée… je suis peut-être un mec), on va atteindre un stade où les hommes auront tellement les jetons qu’ils n’oseront plus s’approcher d’une femme pour lui demander l’heure. Apparemment c’est déjà le cas aux USA: les hommes n’osent plus prendre l’ascenseur avec les femmes.
    Je suppose que ces femmes qui s’insurgent pour un rien ont simplement envie de se faire remarquer, parce que, vous comprenez, elles ne sont pas attirantes physiquement, dans la rue personne ne les voit, même pas les autres femmes, et cette notoriété est un exutoire… Mais à quel prix ? A cause de ces conneries, les femmes qui ont une vraie cause à défendre ne sont pas écoutées.

    Je pense sincèrement que c’est ce que le Raptor voulait faire comprendre, et d’ailleurs hommes comme femmes trouvent que le féminisme décline. Mais il semblerait que vous n’ayez pas saisi le message… Vous avez beau être un homme, vous réagissez exactement comme toutes ces femmes qui se vexent pour rien dès qu’on fait une remarque véridique. De toute façon, dès qu’on touche un point sensible, ça fait toujours mal. Pas très lucide. Dommage, c’était plutôt bien écrit…

    J’espère au moins qu’aujourd’hui, vous avez su prendre plus de recul.

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    1. En tout cas, je vous remercie pour avoir pris le temps de développer autant votre critique (et désolé pour le retard de ma réponse).

      Je suis désolé si le registre de langue ne vous convient pas, mais je vous rassure, ce n’est pas fait exprès. Même si la longueur du texte suffit pour ne pas être lu, je ne cherche pas à ne pas être clair intentionnellement. Après, si vous me dites que c’est l’effet que vous percevez, je vous crois sur parole.

      Ah, mais est-ce à moi d’apprécier les moyens qu’utilise le Raptor pour faire des vues? Que ce soit fait exprès pour attirer l’attention, ou qu’il se refuse à faire un cours sur l’histoire du féminisme pour ne pas ennuyer, ça ne me regarde pas: mais je peux au moins critiquer ce choix. Honnêtement, je ne lui reproche pas de ne pas faire un cours d’histoire, ce n’est bien sûr pas le thème de la vidéo. Mais je lui reproche de dire des choses fausses justement parce qu’il ne connaît pas cette histoire.

      Non, non, vous avez raison, je dis bien que l’accusation d’hystérie contre les femmes n’est pas nouvelle. Mais vous soulevez un point intéressant: quand le discours pour critiquer le féminisme est grosso modo le même, comment savoir ce qui est une cause importante et ce qui est une cause mineure dans ce qui est critiqué? Vous estimez qu’à l’époque, on traitait de causes importantes, et maintenant de causes mineures, tandis que les féministes estiment que ce sont aussi des causes majeures (qui ne peuvent être traitées que parce que les premières ont été peu ou prou réglées, certes). Comment justifiez-vous la différence entre cause importante et cause mineure? Trouvez-vous que seuls les droits civiques sont des causes importantes, par exemple? Et dans ce cas-là, pourquoi? Où mettez-vous la limite?

      Le théâtralisme, pour reprendre votre expression, est un outil de longue date des mouvements militants pour acquérir de la visibilité, me semble-t-il. Quand, dans les années 1900, les suffragettes britanniques interrompent des congrès politiques, ne pouvait-ce pas être vu ainsi?

      J’ai du mal à comprendre l’analogie entre manspreading et décolletés. Le manspreading gêne physiquement les autres personnes, en cognant leurs jambes et genoux. A l’inverse, les gens gênés par les décolletés n’ont qu’à détourner les yeux. J’ai du mal à voir le lien entre un désagrément physique et la « pudeur » de certaines personnes.

      Oh, nul besoin de voir les hommes comme des animaux. Les analyses sur le harcèlement de rue ne sont pas essentialistes: ça n’a rien à voir avec un quelconque instinct des hommes, ou même avec leur libido. Elles sont axées sur les questions de domination: des hommes font ça parce que ça renforce leur sentiment de puissance sur les autres (sentiment exacerbé socialement, notamment par les visions traditionnelles de la virilité). Quand on apprend à des hommes qu’être viril, qu’être un vrai homme, c’est être puissant et c’est se faire remarquer par les femmes, harceler dans la rue peut être une façon de suivre cet enseignement. Remarquons que cette explication n’a que faire des critères de beauté: et comme, d’après les témoignages sur la question, ce n’est pas parce que des femmes sont belles qu’elles sont harcelées, mais bien parce qu’elles sont des femmes, quel que soit leur physique, cette explication a l’avantage de ne pas laisser de côté cette question.

      Bon, admettons qu’on atteigne ce stade où les hommes n’oseraient plus aborder les femmes pour leur demander l’heure. J’aurais envie de répondre: quel serait le problème? Il n’y a pas que la rue ou le bureau comme moyen de socialisation (qui sont les deux endroits visés par une telle critique, en fait. Personne n’envisage une absence d’interaction dans des bars ou des soirées, même dans les critiques les plus acerbes). Au contraire, ça leur redonnerait leur fonction première: le transport dans un cas, le travail dans l’autre. Je ne suis pas persuadé que le mélange des genres soit toujours de bon goût dans ces cadres-là.
      Mais je ne pense pas qu’on arrivera réellement à des situations pareilles de façon générale (bien sûr, il y a toujours des cas particuliers). En effet, le reproche fait par les féministes, c’est avant tout de ne pas être capable de distinguer interaction sympathique (demander l’heure, par exemple) et drague (commencer à profiter de l’obtention de l’heure pour draguer, ce qui n’est pas forcément approprié), mais aussi drague (qui se fait à deux) et harcèlement (qui n’a pas vraiment le consentement de l’autre pour poursuivre). Ce sont donc les codes de comportement dans l’interaction homme-femme qui sont décriés. La période de transition devrait être assez difficile pour certains, j’en suis sûr (nos chers InCels, par exemple), mais une telle critique devrait faire évoluer les codes: après la peur de rester à deux dans les ascenseurs, de nombreux hommes devraient finir par comprendre quels sont les comportements appropriés dans un ascenseur, et donc dépasser leur peur en respectant ces comportements. Donc, plutôt qu’une société ségréguée que vous redoutez, il est plus probable que nous allions vers une société plus respectueuse d’autrui (ce qui pourrait d’ailleurs démultiplier les contacts entre genres, mais ce n’est qu’une supposition).

      J’ai quand même un doute: si ce sont des femmes qui ne sont pas regardées, ni abordées du coup, pourquoi se plaindraient-elles précisément d’être abordées, au lieu de demander à l’être? J’ai un peu de mal à suivre votre raisonnement là.

      Décline dans quel sens? Dans les sujets traités ou dans le nombre de personnes qui s’y reconnaît? Si c’est la première réponse, il est inutile de réinventer la roue: plutôt que de continuer à demander le droit de vote des décennies après, les militantes passent à d’autres demandes, ça ne me paraît pas aberrant. Si c’est la deuxième, le féminisme a toujours été très minoritaire, numériquement parlant. Même au temps du MLF, il n’y avait pas plus de 40 000 militantes.

      Oh, je suis tout à fait d’accord: j’ai rejoint les analyses féministes, donc il n’est pas très surprenant que je réagisse en partie comme celles qui défendent ces idées. Je me contente de préciser que je suis un homme quand on s’adresse à moi comme une femme, comme dans certains commentaires, mais sur ce genre de sujets, ça n’influe pas trop mon analyse.

      Je vous laisse décider de si j’ai pris du recul au vu de ma réponse 😉

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      1. J’apporte quelques éclaircissements à mon premier commentaire:

        En ce qui concerne la différence entre causes importantes et causes mineures, bien sûr que le harcèlement et tout ce qui est relatif au sexisme doit être combattu, donc c’est une cause importante. Mais dans les deux sens. Car voyez-vous, on en est arrivé à un stade ou les femmes ne sont plus les seules victimes de sexisme. C’est également le cas des hommes: s’ils ont une pilosité développée, s’ils ne sont pas musclés, si la taille de leur engin n’est pas dans la norme (définie par les femmes), ça ne va pas.
        Evidemment, vous allez me dire que les femmes sont quand même plus atteintes par ce problème (pour l’instant en tout cas): VRAI. Mais, comme vous me le faites remarquer, ce qui apparaît comme une cause mineure pour certains en est une majeure pour d’autres (les féministes ici). En d’autres termes, le sexisme envers les hommes, ainsi que les violences sexuelles qu’ils peuvent subir (rares mais plus insidieuses), doit être traité avec autant d’intérêt que celui envers les femmes. Et ce n’est pas ce que je remarque actuellement. Dans les médias, je ne vois que des articles sur les violences faites aux femmes, cela va même jusqu’à une fois par jour. Et devinez quoi ? Ils reprennent quasiment tous la même chose, si bien qu’à la fin, lorsque je vois le titre d’un article qui parle du viol d’une ou plusieurs femmes, je me dis « Oh putain encore ! » (et c’est malheureux, car au départ cela suscitait mon indignation). Là où je veux en venir, c’est que ce n’est pas en nous rabâchant de manière très fréquente que les femmes subissent moult violences que d’un coup, tout va disparaître et que nous vivrons dans un monde de bisounours. Là vous allez peut-être me dire qu’on nous rappelle sans arrêt ces informations pour nous inciter à agir, mais que peut-on faire ? En ce qui me concerne, je dois préparer un concours, je ne peux donc m’attarder sur le malheur de ces femmes (oui mon temps est compté en cette période). Jusqu’à présent, je n’ai jamais vu d’article sérieux proposant un « plan d’attaque » contre le sexisme (peut-être y’en-a-t-il cependant). Et le fait de vois sans arrêt des articles dont le fond est globalement le même m’agace et me donne l’impression qu’on a affaire à des personnes qui se plaignent, mais à part cela ne font rien.
        D’ailleurs, cette tendance à ne publier des articles que sur les violences faites aux femmes à un côté sexiste je trouve. Je veux bien qu’au départ, lorsque parler de ces violences était une grande nouveauté, il fusse mal convenu qu’un homme dise « oui mais les femmes elles nous font ça et ça et gna gna gna ». Mais aujourd’hui, ces informations, qu’on nous ressasse incessamment, on les connaît ! Et là où c’est sexiste, c’est qu’on ne parle quasiment jamais des hommes en comparaison. Aussi je peux comprendre qu’ils se sentent abandonnés et qu’ils ne s’intéressent pas à la cause féminine, d’autant plus qu’on observe une grande passivité, puisque comme je le disais, à part lire des complaintes, on n’a rien d’intéressant. C’est un peu comme si j’invitais une personne chez moi, et qu’elle cassait (sans le vouloir) un vase de Chine. Sur le coup, ça va m’énerver. Mais imaginez que le lendemain et les jours suivants cet accident, j’aille voir la personne qui a cassé mon vase et je lui répète, tous les jours, toute l’année, que cette personne a cassé mon vase, auquel je tenais particulièrement. Eh bien la personne en question va finir par péter une durite. Ca me fait un peu penser au fait de ne parler que de la Shoah durant la Seconde Guerre Mondiale, alors qu’il y a eu aussi beaucoup de tsiganes qui ont été tués, mais on n’en parle pas beaucoup.
        Ainsi, pour répondre à votre première question, non, il n’y a pas que les droits civiques de la femme qui sont importants, mais si on veut que les violences faites aux femmes soient également considérées comme une cause importante, il faut aborder le sujet avec perspicacité, pertinence et efficacité, cela doit être quelque chose de réfléchi.

        Par rapport aux suffragettes, oui il y avait du théâtralisme, mais là la cause était justement traitée pertinemment je trouve, vu que personne ne se bougeait alors que les femmes proposaient des choses intéressantes.

        Pour l’analogie entre le manspreading et les décolletés, c’est un peu ambigu c’est vrai. Je voulais dire par là que les femmes qui montrent leurs atouts féminins, en les mettant en valeur, contrairement à d’autres qui portent des vêtements plus amples et plus sobres (c’est la mode), pourraient finalement être accusées de s’étaler en nous montrant qu’elles ont des formes. Vous allez vous dire que ce raisonnement est absurde: c’est l’effet escompté. On ne peut pas reprocher à une femme de montrer ses formes, puisque de toute façon elle ne peut pas vraiment les cacher. Pour le manspreading, c’est pareil. On ne peut pas reprocher aux hommes de s’asseoir les jambes ouvertes vu que c’est anatomiquement plus confortable.
        Je suis d’accord que certains en abusent et font un angle de 180° (cela dit je n’en ai jamais vu et je prends souvent le métro). Mais l’ennui c’est qu’il risque d’y avoir des dérapages si on interdit aux hommes de s’asseoir les jambes écartées, car finalement il faudrait définir une ouverture d’angle limite, mais puisque nous ne sommes pas des logiciels comme MathLab, comment savoir exactement la mesure de l’angle que les hommes forment avec leurs jambes? Peut-être me direz-vous qu’on ira pas aussi loin, mais comment être sûr que personne ne sera inquiété selon l’ouverture de ses jambes ? Il n’est pas impossible que des femmes, qui haïssent les hommes, puissent abuser de cette loi si elle venait à être établie.
        Autre exemple: je regardais l’extrait d’une émission où, sur le plateau, on avait Schiappa et Vandamme qui débattaient. A un moment, Schiappa dit une ânerie (elle était complètement hors sujet) et JCVD l’interrompt. Et Schiappa ressort une autre ineptie: le manspreading consisterait à interrompre une femme quand elle parle (sachant qu’on est un homme). Mais dans ce cas, si une femme interrompt un homme quand il parle, c’est du womanspreading, non ?
        Là encore, je vois du sexisme. On parle de manspreading, mais jamais de womanspreading. Par exemple, je lis souvent que selon certaines femmes, l’homme n’a pas son mot à dire dans le choix de faire une IVG ou d’avorter. Pourtant il a bien le droit de ne pas vouloir (ou de vouloir) être père, non ?
        Je lis aussi qu’on parle de masculinité toxique, mais la féminité toxique n’existe pas. Pourtant je la vois, moi. J’entends par là le fait qu’il faille forcément être maquillée, avoir un sac à main, s’habiller de manière féminine pour être quelqu’un de lambda (ne pas être critiquée). Je ne dis pas que ces femmes obligent les autres, mais elles mettent la pression à celles que ça n’intéresse pas. Non ce n’est pas la faute des hommes si on en est là, personne n’a menacé les femmes avec un flingue sur la tempe pour qu’elles se maquillent. Elles se conditionnent seules dans ce cercle vicieux. Pas facile quand la fille n’est pas jolie. Mais il vaut mieux ne jamais être jolie et rester toujours la même que de donner l’illusion de l’être alors qu’en fait non.

        Pour ce qui est de la comparaison entre les hommes et les animaux, encore une fois, ce qui m’agace, c’est que les femmes ne le sont jamais, à croire qu’elles sont douées d’une intelligence telle qu’elles ont réussi à dompter leurs instincts primaires. FAUX. Je vais me faire lyncher, mais je crois sincèrement que les femmes se font belles pour elles, mais aussi pour les autres. Tout le monde fait ça, parce qu’on ne veut pas apparaître comme quelqu’un de négligé devant les autres. Donc on fait attention à sa coiffure, à sa tenue vestimentaire… Les femmes aussi subissent leurs pulsions, et la manière dont elles se mettent en valeur pourrait s’apparenter aux phéromones. Ce n’est pas une critique mais un constat objectif. Moi-même j’avoue que si je fais du sport, ce n’est pas uniquement pour la santé mais aussi pour l’esthétique. Mais si les femmes pouvaient arrêter de le nier, ce serait bien.

        Lorsque je disais que « ces femmes qui s’insurgent pour un rien ont simplement envie de se faire remarquer, parce que, vous comprenez, elles ne sont pas attirantes physiquement, dans la rue personne ne les voit, même pas les autres femmes »:
        – comment savoir si ces femmes précisément se sont fait aborder ? Ne pourrait-il pas s’agir de femmes simplement en colère ?
        – il est possible que ces femmes parlent comme si elles avaient vécu ce calvaire, alors qu’en fait non, et cela pourrait être un stratagème pour empêcher les plus jolies qui aiment qu’on les drague, de se faire draguer (c’est un peu tordu mais pas impossible). Disons que la parole de femmes est clairement remise en doute dans mon esprit lorsque j’entends à tout va: « on en a marre de se faire accoster vingt fois dans la journée ». Dites-donc, vingt fois c’est beaucoup ! Elles doivent être canons ! Ah ben non en fait… C’est là que ce n’est plus crédible. Certes, il n’est pas nécessaire d’être belle pour se faire harceler, mais avouez que c’est un facteur très important, une sorte de catalyseur. Et quand on n’est pas belle, pour se faire emmerder plusieurs dizaines de fois dans la même journée, faut peut-être un peu le chercher.
        D’ailleurs pour rebondir là-dessus, les femmes disent qu’elles aimeraient pouvoir s’habiller librement. Or qui dit liberté, dit responsabilité. Je veux dire par là que certaines tenues vestimentaires qui mettent en valeur, même si elles restent sobres et élégantes, augmentent le risque de survenue d’un problème. Je ne dis pas que c’est systématique, mais il faut se dire que quand la tenue met en valeur, on risque de regarder la femme en question. Certes, ça ne justifie en rien le harcèlement, mais il faut cesser avec cette hypocrisie. Je ne veux pas faire culpabiliser les femmes mais il faut qu’elles arrêtent de jouer les vierges effarouchées.

        Pour finir, je crois que le problème ce ne sont pas les hommes un peu timbrés qui croient qu’ils peuvent tout se permettre avec une femme (il y aura toujours des fous je le crains, même si on éduque bien nos fils), c’est la manière dont c’est traité par la justice.
        Et puis les médias sont responsables de ce ressenti face au féminisme: ils ne publient que des articles qui font le buzz, mais qui suscitent parallèlement du mépris envers le féminisme.
        Ce combat devrait être un combat d’hommes et de femmes contre le sexisme, mais on ne nous présente que les femmes qui veulent combattre les hommes (celles-là sont aussi mauvaises que les machos).

        Mais pour le moment cette quête du pouvoir (dont l’objet n’est pas louable) m’afflige et m’exaspère beaucoup. J’ose espérer que vous voyez où je veux en venir.

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